Tout un échantillon : rien qu’en se limitant au mois de juin 2006, le chercheur a eu à sa disposition 255 milliards de messages! Envoyés dans le cadre de 30 milliards de conversations entre 240 millions de personnes.
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On ne s’étonnera pas d’apprendre que le chercheur en question, Eric Horvitz, travaille pour la division recherche de Microsoft. L’étude est donc du coup une belle publicité pour le service de messagerie instantanée de Microsoft, mais continuez à lire, ça en vaut la peine.
Le chercheur et sa stagiaire assurent n’avoir pas eu accès au contenu des messages ni à des informations personnelles, juste à leur provenance géographique. En suivant les parcours des messages, ils ont donc été capables d’extrapoler sur le nombre maximum de « séparations » entre deux utilisateurs sans liens entre eux. Le résultat? Six et demi.
Nous avons été surpris de voir que ce résultat collait d’aussi près à ceux de la fameuse étude sur les six degrés de séparation, explique Eric Horvitz dans les pages de Nature . Une étude qui remonte à 1967 et qui est plus célèbre que scientifique : Stanley Milgram, de l’Université Harvard, ne l’avait menée qu’avec un groupe de 64 personnes. Chacun devait trouver le moyen le plus rapide d'envoyer une lettre à un inconnu à New York.
Évidemment, il y a de gros biais avec la nouvelle étude : l’essentiel des utilisateurs de la messagerie sont dans l’hémisphère Nord, avec une très forte concentration en Amérique du Nord, en Europe de l’Ouest et au Japon. Et la majorité sont dans la vingtaine. Mais il est intéressant de signaler qu’en 2003, un nommé Duncan Watts, alors à l’Université Columbia, avait tenté le même type d’expérience avec le courriel... et avait abouti lui aussi à six degrés de séparation (nous en avions parlé ici). Une moyenne d’environ six aurait-elle une signification sociologique quelconque?





