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Pas moins de 45 pays, dont le Canada, vont participer à la fin du mois, en Colombie, à une conférence pour sortir des énergies fossiles. Toutefois, plusieurs joueurs importants comme les États-Unis et l’Arabie saoudite, manquent à l'appel.

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Cette conférence fait suite à la COP30 en novembre dernier au Brésil, où le sujet de discorde principal de ces deux semaines avait été la tentative de faire adopter une « feuille de route », qui guiderait les pays dans leur sortie des énergies fossiles. Un camp de plus de 80 pays porté notamment par la Colombie, le Brésil et des pays européens, n’avait pas réussi à faire inscrire cette feuille de route dans le consensus final. La feuille de route avait donc été écartée, mais la Colombie et ses alliés n'avaient pas voulu en rester là.

La Colombie veut, à travers cette conférence qui se déroulera à Santa Marta du 24 au 29 avril, « avancer vers des accords concrets » et « renforcer la coopération entre des pays aux réalités économiques et énergétiques différentes ». Les plus optimistes espèrent que cette rencontre donnera un élan à un plan concret de sortie des carburants fossiles, qui pourrait être présenté à la COP31 de novembre prochain, insistait en février Bastiaan Hassing, le chef des négociations climatiques du gouvernement des Pays-Bas, qui agit à titre de co-hôte de la conférence. 

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Celle-ci prendra place en dehors des règles des COP annuelles, qui prévoient, par exemple, que les décisions soient prises à l’unanimité: c’est ce qui a souvent permis à quelques pays, comme l’Arabie saoudite, de bloquer toute avancée. Ainsi, c'est la loi de la majorité qui règnera lors de l’évènement.

En plus des pays qui ont confirmé leur présence, la ministre colombienne de l'Environnement et du Développement durable, Irène Vélez Torrez, a annoncé le 30 mars que près de 2600 organisations et communautés avaient aussi rejoint le mouvement. 

On retrouve parmi les participants certains des pays les plus menacés par le réchauffement climatique, comme les Tuvalu, un archipel du Pacifique qui risque d'être presque totalement inondé d'ici la fin du siècle. D'autres États en danger, tels que le Vietnam, considéré comme le deuxième endroit le plus à risque au monde en matière d’inondations, seront aussi présents.

Le Canada assistera aussi à cette conférence, selon la ministre colombienne, bien que le pays ait toujours été réticent quant à l'abandon des énergies fossiles. Le Canada est notamment pointé du doigt en ce moment pour avoir abrogé la tarification carbone et suspendu l'obligation de vente de véhicules électriques. Parmi les pays ayant confirmé leur venue, il est aussi celui qui produit le plus de combustibles fossiles: 6 % de la production mondiale de pétrole et 5 % de la production mondiale gazière.

D'autres grands producteurs d'hydrocarbures tels que le Royaume-Uni, la Norvège et l’Australie, seront aussi de la partie.

En revanche, les États-Unis, l'Arabie saoudite et la Russie, qui produisent à eux seuls près de la moitié de la production mondiale de pétrole, manquent à l’appel. Les quatre plus gros producteurs de gaz, dont la Chine, n'avaient pas non plus annoncé leur présence, en date du 13 avril.

L'impact de la guerre en Iran

La guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran, qui bloque le détroit d’Ormuz, risque d’avoir un impact important sur l'approvisionnement mondial en pétrole. Cette crise pourrait même forcer plusieurs pays à réévaluer leur dépendance aux énergies fossiles, ce qui serait une bonne chose, disait le 7 avril le président de l'Institut des ressources mondiales, Ani Dasgupta, interrogé par le New York Times

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait d’ailleurs qualifié le mois dernier la crise en Iran de « rappel brutal » de la dépendance de l’Europe à des sources d’énergies fossiles importées de régions instables. Lors de ce discours prononcé au Sommet mondial sur l’énergie nucléaire, la présidente avait invité les pays européens à se tourner vers des énergies renouvelables ou nucléaires locales.

 

- Adan Cochet

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