Comment les pigeons voyageurs s’orientent-ils pour revenir à la maison? Au lieu d’avoir le compas dans l’oeil, il est possible qu’ils l’aient dans… le foie.
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La recette: les globules blancs du foie accumulent du fer et c’est lui qui agirait comme compas interne lorsque le soleil est caché par les nuages, écrivent une vingtaine de chercheurs de trois institutions allemandes, le 28 mai dans la revue Science.
Mais d’autres experts ne sont pas certains, et l’hypothèse de l’oeil, à l’intérieur duquel des protéines réagiraient à l’orientation du champ magnétique terrestre, n’est pas sur le point d’être abandonnée.
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Ce qui semble sûr pour les biologistes depuis longtemps, c’est que les animaux utilisent le champ magnétique de notre planète pour s’orienter lors de longs déplacements. Mais par quel mystérieux mécanisme l’utilisent-ils, le débat se poursuit depuis tout aussi longtemps. Par exemple, les chauve-souris et les requins n’ont pas cette protéine dans leurs yeux, mais semblent bel et bien s’orienter en fonction du champ magnétique.
La nouvelle recherche ouvre donc la porte à un mécanisme inédit, qui serait lié aux macrophages, des globules blancs spécialisés du système immunitaire. Leur fonction première est de piéger les « intrus » (bactéries et virus). Accessoirement, ils piègent aussi les particules de fer. Passé un certain seuil, écrivent les chercheurs sous la direction de la biologiste cellulaire Clivia Lisowski, de l’Université de Bonn, ce fer réagirait à la manière d’un aimant, sous l’effet du champ magnétique.
De fait, à l’intérieur du foie, les scientifiques ont trouvé des millions de globules blancs contenant du fer à proximité du système nerveux, ce qui suggérerait que, de là, ces cellules envoient au cerveau une information sur la direction à prendre.
Et encore ne serait-ce qu’une mesure de dernier recours, lorsque le soleil se cache. Pour s’en assurer, 24 heures avant une journée nuageuse, les chercheurs ont donné à la moitié d’un groupe de 34 pigeons un traitement qui tuait les macrophages. Ces pigeons, libérés à une vingtaine de kilomètres, ont alors été incapables de s’orienter, au contraire de ceux « avec macrophages » qui sont revenus à leur perchoir en 70 minutes. Les « sans macrophages » ne sont revenus que le lendemain, lorsque le soleil s’est montré. En revanche, tous s’en sont bien sortis dans les journées ensoleillées.





