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En général, un être vivant qui peut être mâle ou femelle vient avec deux copies de son chromosome —une copie héritée de chaque parent. Mais beaucoup de plantes en ont trois copies, ou quatre, voire huit. Une plongée dans l’évolution des espèces révèle qu’il s’agit peut-être d’accidents de parcours qui ont toutefois permis la survie de ces plantes dans des moments critiques.

Le terme scientifique est polyploïdie: lorsque chaque cellule de cet être vivant a plus de deux exemplaires de chaque chromosome. C’est souvent le cas chez les plantes: un tiers des plantes dites « à fleurs » sont dans cette situation. Les pommes de terre et certaines variétés de blé ont quatre copies. 

La biologie nous apprend que de telles copies « en trop » sont un fardeau dans le monde animal —un gène défectueux peut déjà être mauvais pour la survie, voire pour le développement de l'embryon, l’avoir en double ou en triple n’arrange pas les choses. Le fait qu’autant de plantes ne s’en sortent pourtant pas plus mal constitue donc une énigme depuis longtemps, qu’une équipe en biologie végétale et en biotechnologie a tenté de résoudre. Leur étude est parue dans la revue Cell

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En analysant les génomes de 470 espèces de plantes, les chercheurs ont pu dater 132 épisodes de duplications survenus en 9 périodes allant d’il y a 108 à 14 millions d’années. Plusieurs de ces moments coïncident avec une perturbation majeure, incluant l’extinction de masse qui a mis fin, entre autres, aux dinosaures. 

Ces événements, suggère Yves Van de Peer, du département de biotechnologie des plantes à l’Université de Gand, en Belgique, ont peut-être été une opportunité pour ces plantes. Bien que leur étude ne permette pas de le prouver, est-il possible que ces gènes supplémentaires aient servi à développer de nouvelles capacités, permettant par exemple d'accroître la résistance à un stress tel qu'une sécheresse?

Chose certaine, lors de ces perturbations majeures, ces plantes auraient alors pris la place laissée vacante par les autres plantes, ce qui expliquerait qu’elles soient aussi nombreuses aujourd’hui.

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