Titan et Pluton sont deux mondes très différents et pourtant, ils semblent partager une caractéristique commune: une mystérieuse substance récemment détectée à leur surface.
À lire également
Titan, qui est la plus grosse lune de Saturne, possède une épaisse atmosphère et des lacs de méthane —ce qui en fait un des rares mondes de notre système solaire à avoir du liquide à sa surface, aussi inhospitalier soit-il. Pluton est, de son côté, un gros astéroïde rocheux. Mais la chimie des deux présentait déjà, avant la nouvelle découverte, des similitudes : bien que l’atmosphère de Pluton soit 15 000 fois moins dense que celle de Titan, elle est, elle aussi, composée essentiellement d’azote et de méthane. Et dans les deux cas, cette chimie doit probablement créer de la brume, qui retombe à la surface sous forme de « neige » —quoique en plus grande quantité sur Titan, créant ces lacs de méthane.
C’est sans doute ce même phénomène d’accumulation qui est derrière la mystérieuse substance dont une équipe dirigée par l’astronome Bruno Bézard, de l’Observatoire de Paris, rapporte la détection dans une étude prépubliée le 11 juin.
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
Pour étudier la composition des autres mondes, les astronomes utilisent ce qu’on appelle la spectroscopie: c’est l’analyse des longueurs d’ondes des rayons lumineux qui sont absorbés, reflétés ou émis. Chaque composé chimique a sa propre longueur d’ondes. C’est pour cela qu’on sait depuis longtemps que le méthane est présent en abondance sur Titan. Or, il y a quelque chose à la surface de ces deux mondes qui correspond à une étroite longueur d’ondes que les chercheurs n’ont pas pu identifier.
A cause de ce que l’on sait et de ce qu’on peut déduire de la chimie de Titan, ces chercheurs voyaient quelques suspects potentiels. Vérification faite, aucun ne correspond à cette signature. C’est donc qu’il s’agit d’un composé plus complexe. L’épaisseur de l’atmosphère de Titan rend par ailleurs l’analyse de la surface plus difficile.
On se rappellera aussi que Titan, en dépit de cet environnement hostile, est l’un des rares endroits du système solaire où l’exIstence de vie serait théoriquement possible : des observations astronomiques passées, en plus de la longue mission Cassini —qui a tourné autour de Saturne de 2004 à 2017— ont permis d’identifier des composés qui pourraient théoriquement être des ingrédients propices à la vie.
Faudra-t-il ultimement aller sur place pour résoudre le mystère? Le télescope spatial James-Webb, qui a fait une partie des dernières observations en 2022, pourrait entretemps être mis à nouveau à contribution. Mais sinon, il faudra attendre la sonde américaine Dragonfly. Son lancement est prévu pour 2028, avec un atterrissage sur Titan en 2034.





