Serait-on passé d’un seul coup de 6300 exoplanètes à près de 18 000 ? C’est ce que prétend une étude récemment prépubliée, avec l’aide de l’IA.
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Depuis la toute première détection, en 1995, d’une planète tournant autour d’une étoile autre que la nôtre —exoplanète ou planète extrasolaire— la liste s’est lentement allongée. Avec l’aide de technologies plus précises —parce que la « détection » implique, à de telles distances, une « trace » très faible— et avec l’arrivée du télescope spatial James-Webb, le total approchait, au début d’avril, les 6300 planètes, selon la compilation de la NASA.
Or, une analyse de la lumière émise par 83 millions d’étoiles, ou plutôt un réexamen des données à ce sujet, aurait permis de détecter de subtiles signaux qui pourraient trahir la présence de 11 554 planètes.
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On parle de planètes « candidates », c’est-à-dire qu’on soupçonne leur présence, mais que celle-ci n’a pas encore été « confirmée » —ce qui est le cas des 6300 autres.
Depuis 1995, une des deux méthodes de détection d’une exoplanète est celle dite du transit: on détecte une infime variation de la lumière de l’étoile lorsque cette planète passe entre son étoile et nous. Si on arrive à confirmer cette variation à intervalles réguliers, c’est donc qu’il s’agit bel et bien d'une planète en orbite —qui repasse toujours au même endroit— et non d’un objet qui n’est passé par là qu’une seule fois.
Le travail de l’algorithme a été de réanalyser les données ramassées depuis 2018 par un satellite de la NASA, le Transiting Exoplanet Survey Satellite (TESS), spécialement consacré à cette tâche d’observation de dizaines de millions d’étoiles, à la recherche d’une subtile « signature ». Faire accomplir le même travail à une équipe humaine aurait été une mission impossible, relève le magazine Universe Today.
Déjà, 87% de ces nouvelles « candidates » ont été détectées au moins deux fois, révélant des orbites allant de 0,5 jour à 27 jours. À l’évidence, un grand nombre des exoplanètes détectées jusqu’ici tournent autour de leur étoile à des distances plus rapprochées que ne l’est Mercure de notre Soleil —puisque des orbites très courtes augmentent les chances de confirmer une présence en quelques mois, plutôt que de devoir attendre des années.
Pour aller plus loin, les chercheurs de l’Université Princeton et de six autres institutions des États-Unis et du Chili, ont utilisé l’un des télescopes Magellan, au Chili, pour tenter de confirmer la présence d’une des candidates: une planète faisant la moitié de la masse de Jupiter, tournant autour d’une étoile située à 3950 années-lumière d’ici. Ils l’ont trouvée, là où l’algorithme la prédisait.





