architecture mission spatiale Artemis

Le programme spatial américain accuse des retards très importants sur l’échéancier prévu.  Les principales causes sont les échecs de ses deux partenaires privés SpaceX et Blue Origin dans le développement d’alunisseurs vers le pôle Sud de la Lune.  L’échéance est dictée par l’intention de la Chine d’envoyer une première mission humaine lunaire avant 2030. 

Les missions Artemis I et II ont connu des retards importants, obligeant la NASA à reformuler le calendrier des missions préparatoires.  La prochaine mission Artemis III, dont l’objectif est de tester les alunisseurs privés avec la capsule Orion en orbite terrestre basse, n’y échappe pas. Initialement planifiée pour 2025, elle est maintenant prévue au plus tôt à la fin de l’année 2027. 

De nouveaux délais sont à appréhender alors que les partenaires de la NASA, SpaceX et Blue Moon, connaissent des difficultés. Les prototypes de ces sociétés ne sont pas encore prêts pour les tests de qualifications en orbite autour de la Terre.  Pour le prototype de SpaceX, les essais ont démontré que le nouveau vaisseau Starship HLS, réutilisable, est capable d’atteindre l’orbite basse terrestre. Cependant, des inconnues demeurent, car il n’a pas encore été satellisé sur orbite.  La fusée de Blue Origin, New Gleen, a explosé sur son pas de tir le 28 mai dernier, lors d’un essai à Cap Canaveral. La fusée a été complètement détruite ainsi qu’une partie de son pas de tir. Son alunisseur, Blue Moon Mark 2, n’a donc pas encore volé. 

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D’autres éléments expliquent les retards et les modifications dans le calendrier de lancement. Comparés aux mêmes étapes des missions Apollo antérieures, avec au moins trois vols de la fusée Saturn V avant le lancement en 1969 d’Apollo IX vers la surface de la Lune, la mission Artemis III a été modifiée, ajoutant des délais supplémentaires entre celle -ci et Artemis IV, maintenant prévue pour le premier alunissage sur la Lune. Des changements importants dans la direction de la NASA et la volonté de réduire le budget annuel de la NASA par le gouvernement ont également des impacts sur le développement du programme. Paradoxalement, le président américain espère revoir des Américains retourner sur la Lune avant la fin de son mandat actuel en 2029.

Accidents, changements et décisions du côté américain ont aussi des impacts importants pour d’autres contributeurs. Alors que Canadiens et Européens travaillaient à la réalisation du projet de station circumlunaire Gateway, la NASA a décidé de le suspendre. Cette station devait orbiter près de la Lune pour servir de relais scientifique et de transit pour les missions du programme Artemis. Elle a été jugée non nécessaire à la réussite du programme dans sa version modifiée. Avant la mise en pause, la firme canadienne MDA finalise la construction du bras robotisé Canadarm III, sous la direction de l’Agence spatiale canadienne. L’Agence spatiale européenne a aussi déjà livré les premiers modules du projet de la station orbitale circumlunaire à la NASA.  Ces modules seraient maintenant destinés à la base lunaire permanente de la NASA sur la Lune vers 2030.  Comment ils seront acheminés en orbite lunaire et déposés vers le pôle Sud; nul ne le sait !

Pendant ce temps en Chine, la fusée lunaire Longue Marche 10 et la capsule Mengzhou sont en préparation finale avec le module de descente lunaire Lanyue.  Ce module lunaire ressemble au véhicule spatial américain LEM (Lunar Excursion Module), utilisé lors des missions Apollo XI à Apollo XVII de 1969 à 1972.   Le premier vol orbital du module Lanyue est annoncé pour 2027 alors que la mission du train lunaire avec la capsule Mengzhou est prévue en 2028 et l’alunissage habité en 2030. 

L’architecture de la mission chinoise vise une intégration complète comme les missions Apollo où le train spatial comporte tous les véhicules utiles à la mission vers l’alunissage final.  Aucun des modules chinois n’est réutilisable comme ceux d’Apollo. L’architecture des missions américaines Artemis repose sur une philosophie différente de celle de la Chine.  La puissante fusée SLS ne transporte que la capsule spatiale Orion et ses astronautes.  Le module de descente lunaire de SpaceX ou de Blue Moon seront mis en orbite terrestre par un autre fusée.  Ces modules doivent être réalimentés en carburant en orbite terrestre avec d’être arrimés à la capsule Orion pour un départ vers la Lune. 

Les deux pays sont presque nez à nez dans leur mission spatiale vers la Lune.  Le pari américain de se joindre à deux compagnies privées pour la conception et les tests de leur alunisseur lunaire va-t-il se concrétiser avant 2028, date à laquelle les Américains espèrent retourner à la surface de la Lune?   D’autres problèmes techniques vont -ils repousser la date d’alunissage des Américains au pôle Sud avant les Chinois ? Est-ce que la Chine va atteindre son objectif de poser des astronautes sur la Lune avant 2030 ? Le suspense demeure entier.

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