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C’est ce que les statistiques nationales disaient déjà, mais une analyse régionale plus fine le confirme: aux États-Unis, il n’y a aucune corrélation entre les quartiers qui ont vu une hausse de la population immigrante dite « sans-papiers », et une hausse de la criminalité. En fait, ce serait même le contraire.

Des chercheurs en criminologie et en économie de trois universités ont analysé les données de pas moins de 11 500 quartiers répartis dans plus d’une centaine de villes. Ils se sont attardés aux crimes violents et aux crimes contre la propriété (catégorie qui inclut les cambriolages et les vols de voitures) survenus entre 2010 et 2018. 

Leur recherche serait la première à analyser ces chiffres avec un « échantillon » aussi diversifié —c’est-à-dire que la plupart des analyses précédentes se concentraient plutôt sur une poignée de grandes villes, ou bien examinaient les données sur la criminalité par État.

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L’association entre immigrants sans papiers et criminalité est devenu un thème fréquent chez les politiciens républicains, mais aucune donnée nationale n’est parvenue à confirmer l’association que fait leur président entre une soi-disant hausse de la criminalité et l’immigration. En fait, les données montrent plutôt un recul lent de la criminalité depuis des décennies —et pas seulement aux États-Unis: c’est aussi le cas au Canada

Mais qu’en est-il lorsqu’on examine cela région par région, voire dans certains quartiers, se sont demandé ces chercheurs. Serait-il possible que des tendances différentes se dégagent en fonction de la démographie? La réponse est négative

En moyenne, dans leurs 11 500 quartiers qui totalisent 46 millions de résidents, les « sans-papiers » (en anglais, undocumented) représentaient 5,6% des résidents en 2018, et 4,8% en 2018 —une estimation, précise la criminologue Charis Kubrin, de l’Université de Californie, qui correspond à celle des autorités fédérales (le Department of Homeland Security). La définition d’un « undocumented » regroupe autant ceux qui sont entrés dans le pays sans un visa, que ceux dont le visa est échu, depuis des mois ou des années.

Or, dans les quartiers où ces pourcentages ont augmenté, on assiste aussi à une diminution des crimes violents. La recherche est parue le 10 août dans le Journal of Urban Affairs.

L’écart entre ce que les chercheurs savent et la perception du public n’a rien de nouveau, souligne Kubrin dans un communiqué de l’Université de Californie. Il cite une Commission Wickersham qui, il y a près de 100 ans, avait publié un rapport notant que « l’implication dans le crime » était moins élevée chez les immigrants que chez les citoyens nés aux États-Unis. Une conclusion qui, à l’époque, avait fait jusqu’à la Une du New York Times: « la Commission Wickersham dégage les citoyens nés à l’étranger du blâme de la criminalité ». Cent ans plus tard toutefois, le préjugé demeure. 

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