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Le début de l'année 2006 est assez mouvementé à la NASA. Plusieurs missions d'exploration du système solaire sont en vedette au cours du mois de janvier. Deux d'entre-elles retiennent mon attention. Il s'agit du départ de la sonde New Horizons vers vers les confins du système solaire, et du retour de la sonde Stardust après un séjour de presque 7 ans dans l'espace.
Allons-y avec le lancement prochain de New Horizons. L'objectif de cette mission est d'étudier en détails la planète Pluton et ensuite d'explorer quelques astéroïdes de la ceinture de Kuiper. Avec cette mission, toutes les planètes du système solaire auront été visitées par au moins une sonde robotisée. La genèse de cette mission fut laborieuse. Plusieurs versions de la sonde ont été proposée depuis plus de 15 ans et, à de nombreuses reprise, la mission a été annulée, reportée, ou amputée d'une partie de ses objectifs. Le concept définitif a finalement été approuvé en 2001.
La fenêtre de lancement s'ouvre le 17 janvier prochain et se termine le 14 février. Si le lancement est effectué avant le 3 février, la sonde pourra bénéficier d'un effet de fronde gravitationnelle lors de son passage près de Jupiter au début de 2007, et écourter la durée de son voyage de presque 5 ans. Si c'est le cas, elle pourrait survoler le système Pluton-Charon en juillet 2015. Les instruments à bord de la sonde seront maintenus en hibernation électronique pendant la majeure partie du voyage vers Pluton. Une fois sur place, ils seront "réveillés" pour le survol d'une durée prévue de 5 mois. Il est à noter que la source d'énergie, une pile radioisotopique, génère une puissance maximale équivalente à 2 ampoules de 100 watts!
L'objectif général de la mission est d'étudier la nature des mondes gelés aux confins du système solaire. Cette région est dominée par des corps célestes, composés d'un mélange de glaces et de roches, et qui ont subi peu de transformations depuis la formation du système solaire il y a près de 4.5 milliards d'années.
Les objectifs spécifiques sont de:
1) cartographier la composition de surface de Pluton et son satellite Charon,2) caractériser la géologie et la morphologie des deux objets,3) étudier l'atmosphère ténue de Pluton,4) cartographier les variations de la température sur Pluton et Charon,5) rechercher la présence d'anneaux et de nouvelles lunes.
Après le survol de Pluton, la sonde poursuivra sa route vers les astéroïdes de la ceinture de Kuiper situés au delà de l'orbite de Pluton. Elle devrait atteindre cette région vers 2016-2020. Il faudra donc être patient!------
Deux jours avant le lancement prévu de New Horizons, soit le 15 janvier, la mission Stardust revient sur Terre après un voyage de près de 2,9 milliards de kilomètres dans l'espace. La sonde avait quitté la Terre le 7 février 1999.
Les objectifs de cette mission sont plus modestes mais tout aussi excitants. La sonde est muni d'un collecteur de poussière, une espèce de grille en forme de raquette de tennis, composé d'un matériau poreux appelé "aérogel". Ce gel freine et stoppe des grains de sable arrivant à grande vitesse (plus de 250,000 km/h) sans les briser, et les conserve intacts jusqu'au retour. Dans un premier temps, le collecteur a accumulé des grains de poussière interstellaire ensuite, lors du passage près de la comète Wild-2 en janvier 2004, le collecteur a été retourné (pour ne pas contaminer le premier échantillon) afin de capter les grains poussière de la queue de la comète. Les chercheurs estiment que l'échantillon contiendra quelques dizaines de grains cométaires et un centaine de grain interstellaire.
La sonde revient au vosinnage de la Terre dans quelques jours. À ce moment, un module contenant les échantillons se détachera et tombera vers la surface. Un parachute devrait freiner le module lors de sa traversée de l'atmosphère. La technique est assez semblable à celle qui a été utilisée pour le retour de la sonde
Genesis à l'automne 2004. Vous vous souviendrez peut être que, dans ce cas, le parachute ne s'est pas déployé et que le module s'est écrasé au sol. On a craint le pire, mais heureusement près de 70% des échantillons ont pu être sauvés. On peut imaginer que les chercheurs et les ingénieurs responsables de Stardust soient un peu nerveux d'ici le 15 janvier...
Si tout se déroule normalement, le module se posera en douceur sur une base de l'armée l'air américaine, située au sud de Salt Lake City en Utah, au petit matin du 15 janvier. La "raquette d'aérogel" sera envoyée au Johnson Space Center à Houston. Par la suite, les échantillons seront catalogués et distribués à des chercheurs partout dans le monde. Les grains de poussière devraient nous en apprendre davantage sur les premieres phases de la formation des systèmes planétaires et peut être sur l'origine de la vie.
Encore ici, il faudra être patient puisque l'analyse devrait prendre quelques mois avant que les premiers résultats soient connus.
Pour en savoir plus:
http://pluto.jhuapl.edu/index.php
http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=2738
http://www.spacenews.be/art2003/stardust_301203.html




