Malheureusement, s'il est facile d'identifier les pistes de solutions, la mise en application de celles-ci s'avère ardue. Comme le soulignait le rapport Pour un Québec innovant, si les investissements gouvernementaux en recherche et développement se comparent bien aux autres pays de l'OCDE, ce n'est pas le cas pour les investissements privés.
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Quoi qu'il en soit, il est intéressant de regarder ce que promettent les divers partis politiques du Québec de ce côté.
Voici donc ce que j'ai trouvé (toujours par ordre alphabétique) :
Action démocratique du Québec
Le programme de l'ADQ est le plus chiche des trois grands partis en ce qui concerne le sujet de ce carnet. Il ne dit strictement rien au sujet la recherche et du développement, tout au plus, mentionne-t-il un désir de « redresser le financement des études postsecondaires » tout en mettant les étudiants à contribution.
Au chapitre de la productivité, un paragraphe du programme mentionne une volonté de « [d]oter la Québec d'une stratégie de modernisation du secteur manufacturier » sans détailler l'approche retenue.
Parti libéral du Québec
La question des études supérieures, de la recherche et du développement est beaucoup plus détaillée au PLQ. L'engagement numéro 10 du programme électoral propose un réinvestissement de 1 milliard d'ici 2012 dans les universités et cégeps (un peu biaisé car les chiffres sont donnés pour 5 ans et représentent essentiellement que la croissance normale de coûts du système), ainsi que l'ajout de fonds fédéraux, des frais de scolarité augmentés couplés à une bonification du régime des prêts et bourses et, pour finir, un encouragement aux entreprises à soutenir les fondations universitaires.
Le programme du PLQ est également assez disert en ce qui concerne la recherche, le développement et les investissements privés en innovation. Les engagements 16 et 17, en particulier, reprennent les grandes lignes de la « Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation », présentée il y a quelques mois. Rien de nouveau depuis, toutefois, ce qui n'est peut-être pas surprenant car la Stratégie n'a pas encore été mise en oeuvre.
Parti québécois
Le PQ discute également en détail de la question du savoir. Sous le titre « La concurrence de la matière grise », on affirme sans équivoque l'importance d'une consolidation des cégeps et des universités afin de soutenir notre « économie fondée sur le savoir et la productivité ». En particulier, le PQ promet d'investir 400 millions de dollars dans les cégeps et université (un montant qui semble être annuel et donc environ deux fois supérieur à celui annoncé par le PLQ), le gel des frais de scolarité ainsi que des mesures pour encourager les étudiants à poursuivre au doctorat (ces mesures ne sont pas détaillées).
Le programme du PQ met aussi l’accent sur l'augmentation de la productivité tout en favorisant le développement durable et celui des régions, proposant une augmentation du budget des organismes subventionnaires du Québec ainsi que différentes mesures, telles que l'abolition de la taxe sur le capital, qui recoupent en partiellement celles proposées par le PLQ.
Parti vert du Québec
Comme on pouvait s'y attendre, une grande partie de la plateforme électorale du Parti vert du Québec porte sur l'environnement. On y mentionne en une phrase qu'il faut « Augmenter les investissements en recherche et en éducation (voir section éducation) ». Malheureusement, la section éducation ne discute pas des universités ni des besoins d'investissements en recherche et en développement nécessaires à la mise en place d'une société vraiment verte.
Québec solidaire
Étonnamment, il n'y a pas un seul mot sur le financement des universités ou de la recherche est du développement dans le programme du Québec solidaire. Pas un mot non plus sur la productivité. Pourtant, ces concepts ne vont certainement pas à l'encontre des besoins d'une société juste et équitable.
En conclusion, on voit que seuls deux partis proposent un programme précis en ce qui concerne l'innovation, la recherche et le développement. Tout n'est pas dit, toutefois car la campagne électorale ne fait que commencer. C'est à chacun de nous que revient la tâche de poser des questions à tous les candidats au cours des prochaines afin de s'assurer que l'importance de l'éducation et de l'innovation n'est pas oubliée durant cette courte campagne.




