À partir de 26 degrés Celsius, pour chaque degré d’augmentation au Brésil, le risque pour un enfant d’avoir un poids insuffisant augmente de 10%, tandis que le risque de souffrir de malnutrition chronique augmente de 8%. Autrement dit, plus la température s’accroît, et plus s’accroissent les risques de malnutrition infantile.
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L’étude, parue dans la revue médicale The Lancet Planetary Health, a porté les données médicales de 6,5 millions d’enfants de familles pauvres au Brésil, entre 2007 et 2018. Ils avaient entre 1 et 5 ans au début de la collecte des données. Les chercheurs ont ciblé ces familles puisque c’est là que se feront sentir d’abord les risques de ne pas pouvoir manger à sa faim.
Pourquoi le réchauffement climatique accroîtrait-il ces risques ? Avant tout, parce que la météo affecte l’agriculture: de moins bonnes récoltes à cause de canicules ou de sécheresses se traduisent par des prix plus élevés à l’épicerie, et ce sont les groupes les plus vulnérables qui seront affectés en premier.
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Et ce n’est évidemment pas la première fois que cette connexion est faite. Une des « Commissions du Lancet » —des éditions spéciales sur la « santé planétaire » qui réunissent périodiquement des experts internationaux de plusieurs disciplines— avait consacré en 2019 un rapport aux nombreux liens entre « obésité, malnutrition et changements climatiques ». « Dans le proche futur, alertait-on, les effets sur la santé des changements climatiques vont considérablement aggraver ces défis. »
L’équipe brésilienne qui est derrière cette nouvelle analyse affirme ne pas en avoir fini avec ces données: il serait par exemple important d'y vérifier si la hausse des températures affecte l’allaitement, ou si elle entraîne une hausse des hospitalisations chez les enfants souffrant déjà de problèmes de santé.
Quant à l’intérêt pour cette recherche au Brésil, de même que dans plusieurs pays en voie de développement, il vient du fait que, « depuis les années 1980, le Brésil s’est battu pour réduire la malnutrition infantile », explique la co-auteure Priscila Ribas, de l’École de nutrition de l’Université de Bahia, dans le magazine Science News. Les impacts des changements climatiques « pourraient renverser les progrès que nous avons faits ».




