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Dans mon dernier article, j'esquisse un début de réflexion quant à imaginer que la gravité pourrait intervenir dans les processus biologiques de façon fondamentale. En faisant intervenir le principe de correspondance tel que l'a énoncé Albert Einstein de l'équivalence entre l'accélération d'un référentiel et celle due à  la force de gravité, j'attirais l'attention sur le fait que les mouvements accélérés se retrouvent partout parmi les êtres vivants. 

Les personnes qui ont lu l'article avec attention n'auront pas manqué de remarquer que, parmi les exemples cités, si les végétaux nous donnent, eux aussi, à observer ce type de mouvement, cela est dû toutefois, la plupart du temps, aux vents (mis à part certains autres phénomènes particuliers, comme la phototaxie ou encore le mouvement de certaines plantes carnivores, par exemple). Et de fait, comme la vitesse des vents n'est jamais la même, c'est aussi le mouvement des molécules de l'atmosphère qu'il faut prendre en considération. En d'autres mots, selon le raisonnement proposé ici, la gravité devrait intervenir aussi pour rendre compte de ce type de phénomène atmosphérique. Je mentionne d'ailleurs, dans l'article précédent, les tremblements de terre, un autre phénomène naturel durant lequel se produit un mouvement accéléré. À coup sûr, pour ce qui est de l'atmosphère, la gravité doit intervenir, ne serait-ce que pour permettre à une planète de la conserver et éviter ainsi de voir celle-ci dispersée dans le vide sidéral par le vent stellaire. C'est cette même gravité qui maintient les atomes ionisés réunis pour former les étoiles. (Bien entendu, d'autres types de phénomènes entrent en jeu dans le cas des étoiles, comme ceux relevant de la magnétohydrodynamique.) 

Il est intéressant de penser qu'on peut imaginer au moins un type de phénomène qui produit inévitablement l'accélération d'une multitude de parcelles de matière et dont on n'imagine pas la gravité responsable de quelque façon que ce soit. Si un objet explose, des débris seront projetés à grande vitesse et donc accélérés. Et pourtant, nous savons depuis longtemps que la gravité intervient pour au moins un type d'explosion, et non des moindres : les supernovas. Des implosions d'étoiles qui, par un phénomène de rebond, deviennent des explosions. 

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Des accélérations étonnantes dans le monde animal 

Pour en revenir ici au domaine de la biologie, plus particulièrement à celui de la biomécanique, si la plupart des mouvements accélérés considérés par les espèces vivantes sont de faibles ampleurs, il en est toutefois quelques-uns dont l'accélération est sans commune mesure avec ce qui est habituellement observé. Par exemple, chez les insectes volants, le brusque changement de direction correspond à une forte accélération. Dans le monde de ces petits arthropodes, c'est la puce qui remporte la palme dans ce domaine. Les bonds de certaines espèces, tel que Xenopsylla cheopis, atteignent des accélérations allant jusqu’à 100 à 150 fois celle de la gravité terrestre. Ce n'est toutefois pas le summum de ce qui est réalisé dans cette catégorie par un être vivant sur notre planète. La crevette-mante, communément aussi appelée squille, possède deux appendices en forme de massue qu'elle garde repliés. La vitesse à laquelle elle les déploie est suffisante pour briser la coquille des escargots. Ce mouvement équivaut à une accélération de plus de cent mille mètres par seconde par seconde (10⁵ m/s²), plus de 10 000 g, soit plus de 10 000 fois l'accélération de la pesanteur terrestre. 

 

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