Son nom s’appelle Trottibus. Cette nouvelle forme de transport scolaire est mise en place depuis la mi-avril sur le trajet des écoles lavalloises Saint-Julien, Des Cardinaux et Père-Vimont.

L’initiative de la Société canadienne du cancer (SCC) permet aux élèves du primaire de se rendre dans leur établissement scolaire à pied de façon encadrée et sécuritaire. Pourquoi une telle action? Parce que l’exercice physique est en déclin chez les jeunes et que leur état de santé est préoccupant.

Acquérir de saines habitudes

«Près de 50 % des cas de cancer pourraient être évités par l’adoption de saines habitudes de vie et par la mise en œuvre de politiques protégeant la santé des Canadiens, précise Véronique Gallant, chargée de projet Transport actif à la SCC. La marche au quotidien représente l’une des pistes de solution pour augmenter les chances des jeunes d’acquérir et de conserver de saines habitudes de vie», ajoute-t-elle.

Les recherches indiquent en effet qu’il existe un lien entre la pratique d’activités physiques régulières et quotidiennes des enfants, et leurs chances de maintenir ces habitudes une fois adultes.Pourtant, plus d’un jeune sur cinq présente un surplus de poids, selon l’Institut national de la santé publique du Québec. Plusieurs études renforcent d’ailleurs l’idée que la sédentarité augmente dès l’enfance.

Autre donnée frappante : seulement 30 % des Lavallois se rendent à l’école de façon active, contre une moyenne provinciale établie à 36 %. Cette enquête a été réalisée à l’automne dernier auprès de 4754 élèves de 5e et 6e année, inscrits à la Commission scolaire de Laval.

Le projet, d’inspiration européenne, existe aussi à Montréal, en Montérégie et à Rivière-du-Loup, soit dans 16 écoles au Québec. Jean Béliveau, le marcheur autour du monde, en est l’ambassadeur.

150 enfants inscrits à Laval

Katy Fortin, directrice intérimaire de l’école Père-Vimont, a été surprise par l’engouement suscité par le concept dans son établissement. Une cinquantaine d’enfants sont déjà inscrits. Et ils sont près de 150 en tout à Laval. «Les enfants commencent bien la journée et en plus, le trafic est diminué aux abords de l’école. Ce qui réduit le risque d’accident», indique-t-elle. «Et c’est bon pour la concentration, renchérit Véronique Gallant.

L’élève qui s’est dépensé en début de journée sera plus attentif une fois assis à son pupitre.» Si l’initiative s’avère être un succès, elle sera reconduite à la rentrée prochaine.

Les trajets ont été planifiés par le comité de bénévoles Trottibus, en collaboration avec la SCC et le Service de police de la Ville de Laval. 55 bénévoles, parents ou jeunes retraités, ont pris part au projet ce printemps. Ils ont été recrutés et formés au niveau de la sécurité routière par la SCC.

Priscilla Reig – Agence Science-Presse