Le deuxième volet du cinquième rapport du GIEC (groupe Intergouvernemental sur l'évolution du Climat) vient d'être publié ce lundi 31 mars. Il n'est pas très réjouissant... Le GIEC recense dans cette deuxième partie les impacts du changement climatique qui sont observables «sur tous les continents et océans».

Les ressources en eau s'en trouvent menacées, la production alimentaire subit un impact négatif. «La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement climatique» explique le GIEC.

Quand on évoque l'impact du réchauffement climatique on pense aux effets sur la biosphère, la menace des écosystèmes, la diminution de la disponibilité en ressources naturelles, des risques accrus d'extinction sur une large partie des espèces, mais le GIEC pointe aussi les problèmes sanitaires qui favorisent les propagations de maladies. Le réchauffement climatique aura et a déjà des impacts sociaux: davantage de pauvreté, à cause des impacts sur la croissance économique, la création de nouvelles « poches de pauvreté » suite à la précarisation de l'environnement et de ses ressources. Le GIEC met aussi en garde contre une augmentation des déplacements de population et donc des risques de conflits violents, une aggravation des facteurs classiques dont la pauvreté et les chocs économiques, les conflits entre états avec des rivalités autour de ressources naturelles plus rares, menacées comme l'eau, ou les réserves de poissons.

Sombre Anthropocène. L'Anthropocène est le nom donné à l'époque géologique actuelle, par certains scientifiques —comme le prix Nobel de Chimie Paul Crutzen— dont le début est marqué par le brevet de la machine à vapeur de James Watt, prémices à la révolution industrielle et son changement géologique radical amorcé par la combustion massive d'hydrocarbures fossiles. L'anthropocène n'est pas reconnu comme époque géologique officielle pour succéder à l'Holocène qui a vu l'expansion post-glaciaire des populations humaines sur terre. Elle n'a pas été ajoutée à l'Echelle des Temps Géologiques. L'enjeu, avant tout académique, est de savoir si la dénomination «anthropo»cène n'est pas trop «anthropo»centrique ou si l'archéologie ne tendrait pas à faire remonter le début de cette époque à 14000 ans, arrivée des premiers chasseurs-cueilleurs en Amérique et la disparition de la mégafaune herbivore.

Cependant, comme en témoigne la Keeling Curve qui recense en temps réel le taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, ou les indicateurs de l'Anthropocène, on est clairement dans une nouvelle ère de notre humanité. L'enjeu? Ni plus ni moins notre survie. Rock'n'Science!