On ne s’étonne pas qu’un faux physicien puisse facilement tromper des profanes: il suffit qu'il sache utiliser un vocabulaire un tant soit peu pointu. Mais qu’il puisse tromper les physiciens eux-mêmes? C’est pourtant l’exploit qu’a accompli le sociologue Harry Collins.

Certes, il ne partait pas de zéro : Collins a écrit un livre sur l’histoire et la sociologie de la physique, ce qui le rend familier avec le domaine. Mais son exploit n’en est pas moins révélateur de la façon dont un non-diplômé peut acquérir l’expertise nécessaire pour se fondre dans le décor." 

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Je ne pourrais pas diriger LIGO " (un détecteur d’ondes gravitationnelles), dit-il, mais il est possible à des gens qui s’y attellent de développer une expertise dans un domaine scientifique, même s’ils n’en connaissent pas les bases mathématiques (les journalistes scientifiques, qui n’ont souvent pas étudié en science, seront contents de l’entendre!).

Son test, à paraître en décembre, était le suivant : sept questions sur la physique des ondes gravitationnelles, domaine pointu s'il en est, ont été posées à Collins et à un véritable expert de ce domaine. Chacun devait y répondre en un ou deux paragraphes. Neuf autres experts du domaine devaient ensuite identifier le véritable physicien : sept furent incertains, et deux ont choisi... le sociologue Collins!

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