Depuis des décennies, les scientifiques s’inquiètent du nombre de déchets qui filent à haute vitesse dans l’espace. Ces débris risquent de se heurter et de créer une chaîne de collisions qui pourraient s’étendre sur des siècles et semer le chaos dans le cosmos.

Depuis dix ans, les chercheurs s’entendent sur le fait que le nombre d’objets dans l’espace a dépassé la masse critique, c’est-à-dire le point où une réaction en chaîne devient inévitable.

Cette année, après plus d’un demi-siècle de débris jetés ça et là dans l’espace, le nombre d’objets dépassant quatre pouces et qui voyagent en orbite dépasse 10,000 items, incluant les vieux satellites, les caméras, les outils et autres déchets.

Les experts croient que la fusée lancée, en janvier dernier, par les Chinois pour détruire un de leurs vieux satellites et dont le choc a créé des centaines de larges fragments pourrait servir d’élément déclencheur à une cascade de collisions d’ici quelques jours ou quelques années. Et ces collisions risquent d’endommager des satellites perfectionnés valant plusieurs milliards de dollars.

«C’est inévitable. La situation ira de pire en pire et deviendra exponentielle», déclare Nicholas L. Johnson, chef scientifique des débris en orbites du National Aeronautics and Space Administration, aux États-Unis. «Une pièce importante de débris ira tôt ou tard heurter une vieille pièce de fusée, ce qui créera davantage de débris et créera une réaction en chaîne de collisions. »

Une solution à cette cascade de collisions existe mais elle est coûteuse. Dans un récent article publié dans la revue Science, M. Johnson, explique que la solution consisterait à retirer les gros objets de l’orbite. Des fusées pourraient les ramener dans l’atmosphère ou les détruire à l’aide d’un laser. Mais, pour l’instant, toutes ces techniques sont inaccessibles et trop coûteuses.

Pour éviter d’ajouter de nouveaux débris dans l’espace, les scientifiques devront modifier la construction des nouveaux vaisseaux pour les rendre plus solide et les protéger de la destruction. Évidement il faudra y mettre le prix. Et peut-être qu’un certain jour, les coûts dépasseront les bénéfices d’explorer l’espace.