Le choix de la «meilleure mort», pour soi et pour l’autre, reste un sujet tabou, complexe et riche en émotions. Neuf mois après le dépôt du rapport de la commission québécoise Mourir dans la dignité, un retour sur cette question, à notre émission de cette semaine.

Créée il y a trois ans par le gouvernement du Québec, cette commission avait pour mandat de tenir une consultation générale sur les conditions de fin de vie, les soins palliatifs, l’euthanasie. Son rapport comprend 24 recommandations. Le comité d’experts qui doit baliser le parcours législatif devrait bientôt publier ses conclusions. Autrement dit, un projet de loi se prépare.

À quoi peut-on s’attendre? Comment respecter l'autonomie de la personne tout en prévenant les possibles dérives? Comment poser le bon geste et pour qui? Certains espèrent une voie inclusive pour tous, d’autres sont opposés vivement à ce que l’hôpital soit un lieu où l’on aide à mourir. Pour l’une des invitées d'Isabelle Burgun cette semaine, Maryse Gaudreault, qui fut la présidente de cette Commission, l’importante participation citoyenne lors des consultations démontre à quel point il s’agit d’un sujet important pour la population —et avec le vieillissement de la population, il va le devenir de plus en plus.

Nos invités:

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Je vote pour la science est diffusée le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal). Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et nous télécharger sur iTunes.

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Transcription de la première partie

Ghislain Leblond: Nous préconisons que chacun ait droit à une mort libre et digne, et sereine. Parce que dans certains cas, en terme de pourcentage, très peu élevés, mais en termes numérique, quelques centaines par année, il y a des gens qui sont placés devant des agonies. Qui doivent subir des agonies atroces, inhumaines. Des types d’agonies que la loi nous empêche de faire subir à nos animaux.

Parce qu’aujourd’hui, il y a des êtres humains qui sont obligés de les subir, parce que le cadre médico-légal actuel empêche les intervenants de venir au secours de ces gens-là.

PL: Nous venons d’entendre Ghislain Leblond du Collectif Mourir digne et libre, un collectif de citoyens qui fait la promotion de l'aide médicale active à mourir

Isabelle Burgun (IB): Le Collectif Mourir digne et libre a déposé en février un mémoire auprès de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.

Cette commission, créée il y a tout juste 3 ans —le 4 décembre 2009— avait pour mandat de tenir une consultation générale sur les conditions de fin de vie, les soins palliatifs et l'euthanasie.

Parler de la «meilleure façon de mourir» —comme titrait Le Devoir, samedi dernier— n’est pas un exercice facile. Le choix de la «meilleure mort» pour soi et pour l’autre reste un sujet tabou, complexe et riche d’émotions.

PL: Il y a 9 mois que le rapport est déposé, n’est-ce pas?

IB: La Commission a déposé son rapport le 22 mars dernier à l’Assemblée nationale. Il comprend 24 recommandations touchant la fin de vie, les soins et les balises pour l’arrêt de traitement ou l’aide médicalisée à mourir... Une option qui devrait être disponible lorsque les souffrances ne peuvent plus être soulagées de manière satisfaisantes, lorsque les personnes malades le veulent.

PL : C’est d’ailleurs une préoccupation du Collectif Mourir digne et libre. Nous écoutons la suite de l’entrevue que tu as faite avec Ghislain Leblond.

(écoutez l'entrevue avec Ghislain Leblond à 2:30 en cliquant sur le lien audio ci-joint)

IB: Il y a bientôt 9 mois —le 22 mars dernier— la Commission Mourir dans la dignité déposait son rapport, à l’Assemblée nationale.

Ce rapport, très attendu, comprend 24 recommandations touchant la fin de vie, les soins, l’arrêt de traitement ou l’aide médicalisée à mourir. Il a été nourrit de mémoires de nombreux collectif, comme celui du Collège des médecins.

Et maintenant? Le comité d’experts qui doit baliser le parcours législatif de ces recommandations devrait rendre bientôt ses conclusions. Un projet de loi se prépare.

À quoi doit-on s’attendre? Ressemblerons-nous un jour aux Pays-Bas ou à la Belgique qui autorisent l’euthanasie? Nous distinguerons-nous en trouvant une voie inclusive pour chacun, selon son vécu, ses croyances et ses choix et ses souffrances aussi. Cette loi, on l’espère, fournira la réponse à l’une des questions les plus importantes de la vie, celle de la fin…

Nous allons en parler avec nos invités...

(écoutez l’entretien avec les trois autres invités à 9:00)