La petite fait de la fièvre? Le téléphone posé sur son front, la température s’affiche dans la minute. Une nouvelle technologie de guidage de la lumière dans le verre développée par de jeunes chercheurs québécois rend ainsi les téléphones intelligents... encore plus intelligents!

Lorsque le téléphone se pose sur le front de l’enfant, la chaleur de la peau induit une légère expansion du verre. La réaction modifie le circuit gravé par laser dans la structure du matériau par les ingénieurs. Et l’analyse de la variation du chemin emprunté par les particules de lumière mesure la température.

L’usage de la photonique joue sur les propriétés physiques du matériau utilisé, le verre, et ouvre la porte à de multiples applications, particulièrement en santé. «Tout ce que le téléphone touche, ici le front brûlant d'un enfant malade, nous fournit de l’information», relève Jérôme Lapointe, étudiant au doctorat en en génie électrique et en génie physique à l'École Polytechnique de Montréal.

Avec ses collègues, il travaille actuellement à la réalisation d’un procédé destiné à l’analyse du taux de glycémie utile pour les diabétiques. Le calcul se fera à travers l’analyse de l’indice de réfraction d’une goutte de sang déposée sur la surface du téléphone.

Plus tôt cette année, la jeune équipe finalisait un système d’identification afin de doter le téléphone intelligent d’une signature qui lui est propre –une sorte d’identification personnelle dessinée dans le verre. Cette empreinte digitale de l’appareil permettra à l’utilisateur du téléphone de faire des règlements bancaires. «Ce système de reconnaissance est difficile à reproduire. Mais attention, il ne faut pas égratigner le verre à cet endroit, car la signature deviendrait illisible!», précise-t-il.

Selon Jérôme Lapointe, l’avenir réside surtout dans la transparence des téléphones de poche et des tablettes. «Dans le futur, il sera possible de remplacer les circuits électriques par d’autres basés sur la lumière insérés dans la structure même du verre. Une technologie invisible et fiable.» Ces dispositifs optiques, mis au point à Montréal, pourraient éventuellement intéresser des géants des télécommunications.