L’hypothèse de l’astronome néerlandais Simon Portegies Zwart ne vient pas de nulle part. On sait depuis longtemps que les comètes « à longue période » ont des orbites excentriques, qui n’ont rien de commun avec les ellipses bien régulières tracées par les planètes. L’idée qu’il s’agisse du résultat de perturbations causées par le passage d’une étoile proche a souvent été évoquée. Or, s’il en est ainsi, il suffit donc de supposer que cette étoile traînait avec elle, comme notre Soleil, une ceinture de Kuiper — composée de millions d’astéroïdes et de comètes, au-delà de l’orbite de Pluton — pour imaginer un jeu d’échanges cosmique : notre Soleil récupère certains des corps célestes de l’autre, et vice-versa. Comment démontrer cette hypothèse ? Dans un texte publié par le New Scientist, Simon Portegies Zwart pointe du doigt les orbites excentriques de certains planétoïdes déjà connus, comme Eris et Sedna. En fait, d’après ses calculs publiés l’an dernier, il ne serait pas nécessaire d’attendre la découverte des objets les plus éloignés du système solaire : ces « perturbations » auraient laissé des traces mesurables à « seulement » 40 unités astronomiques, soit à peine la distance qui nous sépare de Pluton.
Serait-il possible que notre Soleil ait « kidnappé » des astéroïdes et des comètes à un soleil voisin ? C’est ce que pourraient révéler les orbites étranges de certains des corps célestes situés aux confins de notre système solaire.
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