On pensait en avoir fini avec ’Oumuamua, ce mystérieux « objet interstellaire » qui est passé dans notre voisinage l’an dernier. D’abord catalogué comme astéroïde, il a été redéfini comme comète cet été. Mais à présent, on n’en est plus sûr.

Sa forme, en soi, a toujours été un problème : 10 fois plus long que large (ou approximativement 400 mètres de long par 40 de large), il défiait les probabilités. De faibles variations dans sa vitesse ont conduit à conclure, en juin dernier, qu’il serait davantage comète qu’astéroïde : il y aurait manifestement sur sa surface des couches de neige ou de glace qui, à l’approche du Soleil, ont commencé à « fuir », provoquant une légère accélération, résumait un communiqué de l’Agence spatiale européenne.

Sauf qu’il y a aussi un problème avec cette théorie, écrit à présent (dans un article qui n'a pas encore été publié) l’astrophysicien Roman Rafikov, de l’Université Cambridge : les mêmes forces qui font subir à ce corps céleste une légère accélération auraient aussi dû le faire tourner sur lui-même. Et en retour, compte tenu de sa forme extrêmement allongée, ces forces auraient dû finir par le casser en deux morceaux — ou plus.

« ’Oumuamua » est un mot hawaïen signifiant « premier voyageur venu de très loin ». Il s’agit, pour autant qu’on puisse en juger, du tout premier objet céleste dont on puisse calculer qu’il arrivait d’un autre système solaire, et non d’un objet qui aurait suivi une longue orbite allongée autour de notre Soleil. Il est passé au point le plus rapproché de notre étoile en septembre 2017, un mois avant d’être détecté par l’observatoire Pan-STARRS d’Hawaï. Et sa vitesse fait en sorte qu’il ne sera pas capturé par l’attraction de notre Soleil et poursuivra sa route vers les étoiles.

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Ci-dessus: animation de l’ESO (European Southern Observatory)