Une moyenne de 35 degrés Celsius sur le territoire français mercredi dernier — un record pour un mois de juin. Des pointes de 38 à 39 degrés en Allemagne, en Pologne et en République tchèque. Et un étourdissant 45 degrés vendredi en France. Si ça ne bat pas les records mondiaux de 50 degrés du Moyen-Orient ou du Pakistan, ça n’en est pas moins inquiétant pour des Européens, pour quatre raisons.

1) Les pays européens sont généralement mal préparés à des canicules de longue durée. Même dans les pays les plus riches, on a longtemps tardé à investir dans les édifices climatisés. L’été 2003 a servi de signal d’alarme, alors que des températures se maintenant pendant des semaines à 13 degrés au-dessus de la normale ont entraîné au moins 13 000 morts, dont une grande proportion de personnes âgées.

2) Certes, peu importe où l’on est né, une canicule reste l’événement météorologique le plus dangereux pour l’être humain. Notre seuil limite de survie est situé à 35°C avec 80 % d’humidité, soit une température ressentie de 53°C. Au-delà, notre corps ne peut survivre que quelques heures au soleil. Cette limite est définie par notre métabolisme : quand on a chaud, on transpire, donc l’évaporation de la sueur permet de refroidir notre peau. Mais un taux d’humidité trop élevé empêche cette évaporation et notre corps ne peut donc plus évacuer la chaleur. Les organes défaillent, entrainant la mort.

3) Toutefois, avant d’atteindre ce seuil limite, les médecins remarquent que d’un pays à l’autre, il y a des différences. Comme le résume cette semaine le magazine Vox, les habitants des régions les plus chaudes de l’Espagne résistent mieux à des températures de plus de 30 degrés que ceux des régions plus froides du nord de l’Allemagne.

4) Enfin, il y a la densité urbaine : 72 % de la population de l’Union européenne vit dans des villes où le béton, l’asphalte et le métal absorbent la chaleur et réchauffent tout ce qui se trouve à proximité.