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On a déjà pointé dans un autre texte certains des dossiers climatiques qui seront à surveiller en 2026. Mais le reste de la thématique environnemental ne connaîtra pas de repos non plus et des recherches en cours permettront de savoir si les reculs se poursuivent ou si de bonnes nouvelles pointent à l’horizon.

1) Le déclin des oiseaux

Plus de la moitié des espèces d’oiseaux ont vu leurs populations décliner dans la dernière décennie, confirme la plus récente estimation parue cet automne. Et le déclin, selon un rapport d’un coalition d’organismes des États-Unis paru au printemps 2025, semble très prononcé dans ce pays. Le déclin des oiseaux était à l’ordre du jour de la dernière rencontre de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en octobre, aux Émirats arabes unis. Parce qu’au-delà du déclin de nombreuses espèces animales à travers le monde, les oiseaux ont ceci de particulier qu’ils contribuent autant à la pollinisation des plantes qu’à rééquilibrer les populations d’insectes. 

L’UICN, à qui on doit la Liste rouge des espèces menacées, peut démontrer l’efficacité qu'ont eu des efforts de conservation, en citant des exemples d’espèces animales qui ont repris pied. Mais avec les oiseaux, elle fait face à un problème mondial, qui dépend de la volonté politique de préserver les forêts et autres milieux naturels. Or, on apprenait, le 7 janvier 2026, que parmi les 66 traités et organismes dont les États-Unis viennent d'annoncer leur retrait, il y a l’Union internationale pour la conservation de la nature. 

2) Les forêts, puits de carbone ou émetteurs de carbone?

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Exceptionnellement, la dernière conférence sur les changements climatiques (COP30) a consacré une large place à la protection des forêts. Ce qui n’était pas étranger au fait que cette COP se déroulait en Amazonie. L’Amazonie, c’est en effet le spectre de la déforestation et du déclin de la biodiversité. Mais c’est aussi le spectre d’une forêt qui est un des plus importants puits de carbone de la planète et qui pourrait, si les coupes dépassent un certain seuil, devenir un émetteur net de carbone —c’est-à-dire se mettre à en émettre davantage qu’elle n’en absorbe. Ce dernier signal d’alarme est émis par les experts depuis une dizaine d’années

Le bon côté: le Brésil a progressé dans la bonne direction, ayant réservé l’an dernier 20% à la conservation, spécifiquement pour les populations locales et autochtones. Le mauvais côté: outre-Atlantique, la forêt tropicale africaine se transforme elle aussi en émetteur de carbone. Deuxième plus grande forêt humide du monde, elle aurait perdu dans les années 2010, selon des calculs parus l’an dernier, environ 106 millions de tonnes de biomasse par an. Lors de la COP30, les pays européens ont promis 2,5 milliards$ sur cinq ans pour la conservation de ces forêts humides africaines. Lors de son congrès d’octobre, l’UICN a également adopté des résolutions sur la protection des forêts dont une qui concerne le bassin du Congo. À suivre en 2026.

3) L’eau des centres de données

Lorsqu’on dit que la multiplication des centres de données aura une empreinte environnementale, on pense entre autres à l’eau: des centaines de milliers de litres d’eau potable par jour pour refroidir l’équipement informatique, selon des estimations sommaires portant sur des installations de taille moyenne. Et des groupes de citoyens ont commencé à se soulever en 2025, spécialement lorsqu’on annonce un projet à côté d’une petite ville. Ou dans une région souvent frappée par des sécheresses

C’est l’angle mort de la croissance de l’IA: pour croître, il va lui falloir beaucoup d’eau. Et de l’eau municipale parce que, justifient les compagnies, de l’eau qui ne serait pas passée par l’usine d’épuration locale pourrait endommager les équipements. À l’ordre du jour dans la prochaine année: des technologies permettant de consommer moins d’eau, ou bien des gouvernements qui interdiront les centres de données dans certaines régions? 

4) Extraction minière au fond des mers

On va beaucoup entendre parler en 2026 de projets consistant à aller chercher des minéraux rares au fond des océans. En dépit des nombreuses inconnues quant aux impacts environnementaux, l’administration Trump a signalé dès le printemps dernier sa volonté de l’autoriser. À l’inverse, en décembre, la Norvège décrétait un moratoire jusqu’en 2029 —après avoir été le premier pays européen à l’autoriser. Le Groenland a par la suite lui aussi fait connaître son intention de décréter un tel moratoire dans ses eaux territoriales. 

Mais les coûts pourraient être élevés. Ces dernières années, les compagnies ont investi beaucoup en études scientifiques et en forages exploratoires, qui ont permis de mieux mesurer le niveau de difficulté, à des profondeurs extrêmes. En 2026, ce qu’il faudra surveiller ne sera pas tant la règlementation que la volonté des compagnies d’investir. En coûterait-il moins cher d’aller chercher ces mêmes minéraux sur la terre ferme, par exemple dans l’Arctique canadien… ou au Groenland? 

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