Des régions du code génétique qui changent plus vite que les autres, et un cerveau plus gros. Des chercheurs ont resserré leur analyse sur des séquences de gènes qui nous distinguent des autres mammifères et qui pourraient être des éléments-clefs de ce qu’est devenu l’être humain.

Décrites pour la première fois en 2006, les « régions accélérées » du génome humain (Human accelerated regions, ou HAR) consistent en des segments qui ont été conservés tels quels à travers les vertébrés, mais sont différents chez les humains. Il existe des classifications suivant le « degré » de différence et les estimations du nombre exact de ces régions diffèrent, tout dépendant du niveau de différence que l’on juge important.

Dans une recherche publiée le 2 septembre dans la revue Neuron, des chercheurs d’une quinzaine d’institutions américaines expliquent avoir comparé certaines de ces « HAR » avec leurs équivalents chez les chimpanzés: chacune a été insérée dans des cellules neuronales de souris ou d’humains, afin de voir combien de gènes seraient exprimés dans chaque cas. L’objectif était d’essayer de déterminer si un HAR rehaussait davantage l’activité des gènes que son équivalent provenant du chimpanzé. En tout, ils ont identifié 210 séquences qui procurent une telle « amélioration » et en concluent qu’elles ont joué un rôle déterminant dans l’évolution du cerveau humain.

Combien y en aurait-il en tout, sachant que les estimations les plus optimistes ont identifié dans le passé un peu plus de 3000 HAR possibles? Probablement pas plus de quelques centaines, spécule le généticien Christopher Walsh dans le New Scientist.

Arrivera toutefois un moment où se posera la question de l’oeuf et de la poule. Certaines séquences génétiques peuvent effectivement avoir servi à accélérer l’évolution du cerveau, mais à un moment donné, un cerveau plus gros signifiait davantage de cellules, donc davantage de mutations…