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Après les éditeurs de journaux ou de livres qui ont annoncé depuis deux ans des poursuites pour une réutilisation non autorisée de leurs contenus par les IA, les revues scientifiques s’ajoutent à la liste.

Elsevier, un géant international de l’édition qui publie à lui seul environ 3000 revues, dont les prestigieuses Cell et The Lancet, fait partie d’un recours collectif déposé le 5 mai à New York contre la compagnie Meta. Celle-ci est accusée d’avoir obtenu et reproduit illégalement du contenu protégé par le droit d’auteur, pour « alimenter » ou « entraîner » son agent conversationnel Llama. Font également partie du recours collectif quatre géants de l’édition de livres, dont Hachette et Macmillan. 

Il s’agirait de la première poursuite du genre déclenchée par des « géants de l’édition », selon les termes employés par l’Association des éditeurs américains. Mais ce n’est pas la première poursuite: des médias des États-Unis et du Canada, dont le Globe and Mail et Radio-Canada en 2024 et La Presse en 2025, ont déposé de telles poursuites contre OpenAI. Quant au New York Times, il avait été le premier, en décembre 2023, avec une poursuite à la fois contre OpenAI (pour son application ChatGPT) et Microsoft (pour Bing ou CoPilot). D’autres médias se sont depuis ajoutés à la poursuite du Times

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Mais le contenu scientifique a ceci de particulier qu’il est publié, à travers le monde, par un nombre beaucoup plus restreint d’éditeurs, comme Elsevier ou Springer Nature. Certaines revues comme Science ont de plus un poids énorme dans la communauté scientifique, qui les rend incontournables à quelque compagnie d’IA qui souhaiterait « entraîner » son robot avec la recherche scientifique. 

Enfin, plusieurs de ces revues publient encore derrière des murs payants, et le milieu scientifique semble prendre pour acquis, notait un éditorial de la revue Nature en 2024, que les compagnies d’IA ont trouvé des moyens pour contourner ces murs payants: notamment en passant par des sites « pirates » qui reproduisent illégalement le contenu de ces revues. C’est ce qu’allègue la poursuite déposée le 5 mai.

Les compagnies d’IA allèguent pour leur part qu’il s’agit d’une « utilisation équitable » (fair use) un terme juridique qui désigne le fait qu’on peut reprendre une partie d’un contenu sans enfreindre le droit d’auteur.

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