Ce n’est pas un secret que de rassembler dans un même bâtiment des milliers de serveurs informatiques crée passablement de chaleur. Or, voilà qu’une étude estime que les nouveaux centres de données contribuent carrément à réchauffer le voisinage.
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On parlait depuis longtemps « d’îlots de chaleur urbains » pour désigner les quartiers, dans les villes, dont la configuration —ou la quantité d’asphalte— contribue à hausser la température. Mais on va peut-être bientôt devoir accepter l’expression « îlots de chaleur de données » (en anglais, data heat island). Une douzaine de chercheurs d’Europe et d’Asie en informatique et en génie estiment que la température au sol augmente en moyenne de 2 degrés Celsius, dans les mois suivant la mise en opérations d’un centre de données.
Et l’effet ne se limite pas au voisinage immédiat de l’édifice: à sept kilomètres, les chercheurs estiment que la réduction de l’intensité de chaleur n’est que de 30%. L’effet, bien que très amoindri, serait encore mesurable à 10 km.
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L’équipe, sous la direction du professeur en sciences informatiques Andrea Marinoni, de l’Université Cambridge, a basé ce calcul sur des mesures de la température de surface prises par satellites au cours des 20 dernières années, en se concentrant sur 8400 lieux où ont été installés des centres de données. Ils en ont retenu un peu plus de 6000 qui se trouvaient à l’extérieur des zones les plus densément peuplées, pour réduire le biais des îlots de chaleur urbains.
Leur article est paru le 21 mars sur le site de prépublication ArXiv, ce qui signifie qu’il n’a pas encore été révisé par d’autres experts.
La motivation derrière ce calcul, rappelle le New Scientist: le nombre de centres de données pourrait doubler entre 2025 et 2030, selon une firme britannique de courtiers immobiliers. L’intelligence artificielle nourrirait à elle seule la moitié de cette demande —en supposant que rien ne change sur le marché.
Or, d’ores et déjà, dans un rayon de 10 kilomètres autour de ces 6000 centres, vivent 340 millions de personnes, soulignent les auteurs de l'étude.





