Drone quadricoptère

Il m'est arrivé jusqu'ici de proposer des expériences ciblées à réaliser, que ce soit pour tenter de mettre en évidence, chez les bonobos, la faculté de disposer de la conscience qu'un humain puisse avoir une fausse information ou encore, très récemment, pour vérifier chez l'anémone de mer Nematostella vectensis que la privation de sommeil puisse entraver un apprentissage qu'on lui a fait réaliser au préalable. Il s'agit, avant tout, d'expériences relativement simples à réaliser par des biologistes comportementalistes. 

Les avancées de la biologie moléculaire de terrain, avec l'analyse de l'ADN environnemental, me donnent l'occasion de proposer ici aux équipes de recherche, non pas une expérience particulière, mais plutôt une procédure d'expérimentation à mettre en œuvre. Selon une étude publiée en 2025, il est désormais possible de récolter de l'ADN en suspension dans l'air et d'en faire l'analyse pour déterminer à quelles espèces il appartient.

Les auteurs font valoir que leurs résultats montrent que les réseaux de surveillance de la qualité de l'air existants permettent un suivi standardisé de la biodiversité à un coût relativement faible, avec un potentiel de déploiement à grande échelle, du fait, notamment, de la participation citoyenne qui peut être incluse dans ces recherches.

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L'utilisation de drones 

Dans la poursuite de cet objectif, plusieurs auront sans doute pensé à l'utilisation de drones pour la récolte de cet ADN aérien. Tout comme pour le prélèvement d'échantillons en milieu sous-marin, il doit être possible de télécommander, sur un drone, l'ouverture d'un compartiment à un moment précis pour y laisser entrer une quantité d'air, et avec cet air, l'ADN qui s'y trouve. Un drone spécifiquement conçu pour cette tâche pourrait être équipé de plusieurs compartiments, chacun pouvant être ouvert à des endroits et à des altitudes prédéterminés. Grâce à un GPS intégré, les échantillons collectés pourraient être géolocalisés. 

Dans un second temps, ces drones pourraient être munis d’un altimètre. Prenant en considération ce paramètre, sachant que virus et bactéries peuvent apparemment se retrouver transportés par les vents très loin et à des altitudes très élevées dans l'atmosphère, un suivi de ces informations mettrait à la disposition des chercheurs des modèles de dispersion des micro-organismes par la voie des airs. L'électronique de l'appareil enregistrerait ces données (lieu de prélèvement et altitude) pour chacun des compartiments. 

Je tiens à préciser que l'utilisation de drones, dans le cadre de ce type de recherche, pourrait fort bien se combiner avec la participation citoyenne pour la récolte d'échantillons aériens au niveau du sol. Les deux approches méthodologiques pouvant se révéler complémentaires. Évidemment, cette procédure, à l'aide de drones ainsi modifiés, pourrait également servir à mesurer localement le taux de polluants dans l'air, qu'il s'agisse aussi bien de substances chimiques que de microplastiques, en complémentarité avec les moyens usuels. Certes, le prix d'un drone quadricoptère de qualité professionnelle peut être coûteux à développer, mais une preuve de concept démontrant son utilité pourrait aider des organismes de recherche à obtenir du financement.

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