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La catastrophe survenue au Népal le 26 août pourrait-elle être un tournant dans la façon dont les médias associent des événements météorologiques extrêmes aux changements climatiques ? Il est trop tôt pour l’affirmer, mais « davantage de médias d’information ont fait la connexion », analyse le directeur et co-fondateur de l’initiative journalistique Covering Climate Now.

Ces dernières années, de nombreuses recensions d’articles ont souligné à quel point, après un ouragan ou des feux de forêt, seul un petit nombre de médias faisaient le lien entre le réchauffement planétaire et le risque accru de voir de tels événements se reproduire. C’est une doléance fréquente du directeur de Covering Climate Now, le journaliste américain Mark Hertsgaard. « Cette sorte de journalisme laisse le public non informé, mais surtout mal informé », écrivait-il dès 2021 dans The Guardian. « Cela donne l’impression que ces tempêtes et ces incendies, bien que dramatiques, sont simplement des désastres « naturels ». »

Or, après l’inondation catastrophique qui a fait au moins 1300 morts et 5000 disparus au Népal et au Tibet, il a suffi d’une journée pour que ce lien apparaisse, et pas seulement sous la forme d’une allusion loin à l’intérieur des textes, mais dans les titres : « Les changements climatiques augmentent les risques de désastres tels que les inondations au Népal », titrait le New York Times le 27 août. « Les experts disent que les changements climatiques ont préparé le désastre », titrait le magazine économique Forbes. De nombreux reportages ont également pris la forme d’un texte explicatif. Hertsgaard voit un changement encore plus notable du côté des réseaux de télé aux États-Unis, eux dont, écrit-il, la couverture du climat a décliné de 35% pendant la première année de la présidence Trump. Des chercheurs de l’Université du Colorado ont également conclu qu’en 2025, la couverture du climat avait reculé un peu partout dans le monde. 

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Fondé en 2019, l’organisme Covering Climate Now réunit quelques centaines de médias (dont l’Agence Science-Presse) et vise à encourager la couverture journalistique des questions climatiques à travers des ateliers, des pistes pour des sujets et des partages d’articles entre les médias membres. 

Pourquoi la catastrophe du Népal aurait-elle poussé davantage de médias à faire ce lien, là où des ouragans pourtant dévastateurs n’y étaient pas parvenus aux États-Unis? Certes, poursuit Hertsgaard, « le lien entre des températures planétaires plus élevées et des glaciers qui fondent, semble intuitif », mais ça ne peut pas être la seule explication. 

Dans tous les cas, l’étape suivante, pour les médias, pourrait être tout aussi intuitive : les habitants d’un pays comme le Népal, qui ont le moins contribué au problème des émissions de gaz à effet de serre, sont ceux qui, en ce moment, en souffrent le plus. Qui devrait payer pour les dégâts —estimés à 5 milliards$— et à quel niveau? 

Des élus népalais et des experts des Nations unies ont posé la question tout haut ces dernières semaines. Un fonds des Nations unies spécialement dédié à l’aide à la reconstruction ou aux réparations après une catastrophe climatique avait été finalement créé en 2023, après plus d’une décennie de débats houleux. Mais sa mise en place se fait toujours attendre: seule une partie des promesses de financement par les pays riches se sont matérialisées jusqu’ici. La catastrophe népalaise pourrait constituer le premier « vrai test » pour les coordonnateurs de ce fonds, expliquait le 4 septembre au magazine environnemental Drilled le chef-négociateur du Népal pour le climat. « Ce fonds international est-il prêt à répondre lorsque se présentent des pertes et des dommages à une telle échelle? »

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