« Nous sommes en train de perdre la biodiversité à un rythme alarmant: jusqu’à 1000 fois le taux naturel », s’alarme le directeur exécutif du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Ahmed Djoghlaf. « Cette perte est causée par les activités humaines et elle augmentera davantage en raison des changements climatiques ». C’est pourquoi les Nations Unies ont déclaré 2010 année internationale de la biodiversité.

« L’humain fait partie de la biodiversité et a la capacité de la protéger ou de la détruire. Maintenant, il faut agir ! », affirme le porte-parole du Secrétariat de la Convention de la diversité biologique pour l’Année internationale de la biodiversité, David Ainsworth. Soulignant que « la protection de la biodiversité ne peut se réaliser sans l’implication de tous », Ahmed Djoghlaf a clamé « que 2010 soit un tournant, afin que la biodiversité soit encore disponible pour nos enfants ».

« Au Québec, l’année 2010 sera l’occasion de sensibiliser davantage la population à l’importance de la biodiversité », a déclaré la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, à l’occasion du lancement canadien des célébrations. « Le gouvernement du Québec entend réitérer son engagement et poursuivre ses actions en faveur de la protection et de la gestion durable de la biodiversité au cours de l’année 2010 », a-t-elle annoncé.

La directrice intérimaire de Greenpeace Québec, Mélissa Filion, a pour sa part invité les citoyens à faire pression sur les gouvernements. « Ce sont eux les gestionnaires de nos écosystèmes collectifs », rappelle-t-elle. « Signer des pétitions en ligne, appeler son député, participer à des manifestations, écrire une lettre ouverte dans les journaux » sont autant de moyens proposés par Mélissa Filion.

C’est le spectacle Paradis Perdu réalisé par Dominic Champagne et Jean Lemire qui donnera le coup d’envoi des célébrations à Montréal. La 5e édition de l’événement 24 heures de science se plongera, dès le mois de mai, « au cœur de la biodiversité » avec, entre autres au menu, des conférences, des visites de laboratoires, des bars des sciences et des projections de films.

Calculer la valeur de la biodiversité

Filtration de l’eau et de l’air, captage de CO2, source de nourriture et de fibre: ce sont quelques-uns des nombreux services rendus par la biodiversité. « Mais que valent monétairement ces services ? Si on remplaçait un marais par une usine de filtration, combien cela coûterait-il ? » C’est à ce genre de questions que l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société de l’Université Laval tentera pour sa part de répondre dans le cadre de l’Année internationale de la biodiversité.

Inaugurée officiellement en Allemagne et au Brésil, l’Année internationale de la biodiversité sera soulignée le 20 septembre 2010 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Cet événement aura pour but de préparer le Sommet de la biodiversité qui se tiendra le mois suivant à Nagoya, au Japon. Lors de ce sommet, les gouvernements fixeront les objectifs et les étapes nécessaires pour contrer la perte de la biodiversité. La fin de l’année sera célébrée au Japon, mais cette fois à Kanazawa, avec une cérémonie marquant le début de 2011: l’Année internationale des forêts.

Pour en savoir plus :

Site sur l'Année 2010 du Secrétariat de la diversité biologique

Section sur la biodiversité du Ministère du Développement durable de l'Environnement et des Parcs

Site Web de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société de l’Université Laval