L'utilisation du porte-bébé est probablement très ancienne chez les humains. En effet, les bébés humains étant très immatures à la naissance, ils ne peuvent se déplacer eux-mêmes et doivent donc être transportés par leurs parents.

Des chercheurs ont d'ailleurs évalué l'avantage d'utiliser un outil comme un porte-bébé par rapport au fait de porter le bébé dans les bras. Ils ont remarqué que le portage dans les bras nécessitait 16 % plus d'énergie que le portage dans un porte-bébé. Pour cette raison, nos ancêtres ont dû créer assez rapidement un porte-bébé avec un bout de tissu pour éviter les dépenses énergétiques superflues.

Cependant, même si l'économie d'énergie n'est plus aussi vitale de nos jours, plusieurs études démontrent les nombreux bienfaits associés au portage.

Par exemple, une étude a révélé qu'à l'âge de 6 semaines, les bébés qui étaient portés pleuraient 43 % moins pendant la journée et 51 % moins pendant la soirée. Les auteurs de l'étude concluent même que le fait que le portage soit peu répandu dans notre société prédispose peut-être les bébés aux coliques.

Dans une autre étude réalisée en Italie, on a offert des porte-bébés à un groupe de mères lors de leur séjour à l'hôpital. Environ 70% d'entre elles ont alors choisi d'utiliser le porte-bébé au moins une heure par jour. À la sortie de l'hôpital, ces femmes avaient le même taux d'allaitement que les femmes n'ayant pas reçu de porte-bébé. Toutefois, à deux mois et à cinq mois, le taux d'allaitement était significativement plus élevé dans le groupe "porte-bébé" en comparaison avec le groupe "sans porte-bébé" (72 vs 51 % à 2 mois et 48 vs 24 % à 5 mois). Le portage semble donc favoriser la poursuite de l'allaitement.

Enfin, il semblerait qu'il y ait une association entre le portage et la qualité de l'attachement de l'enfant pour sa mère. En effet, dans une étude réalisée en 1990, on a offert à un groupe de mères un porte-bébé et à un autre groupe, un petit siège pour nourrisson. Lorsque le bébé avait 3 mois et demi, on a remarqué que les mères du groupes "porte-bébé" répondaient davantage aux signaux de leur bébé. Par ailleurs, le type d'attachement a ensuite été évalué à l'âge de 13 mois. Les chercheurs ont ainsi déterminé que les enfants du groupe "porte-bébé" étaient plus nombreux à avoir développé un attachement de type sécuritaire. On sait maintenant que les enfants qui ont ce type d'attachement respectent davantage les consignes de leurs parents. De plus, une fois devenu adulte, ils ont beaucoup plus de facilité à passer d'une interaction négative à une interaction positive dans leurs relations interpersonnelles et ils ont une meilleure gestion de leurs émotions.

Et les risques? Lorsqu'on cherche dans la littérature, on ne trouve pas de données indiquant que le portage pourrait être nocif pour la mère ou le bébé. Il y a eu quelques cas de bébés décédés dans des porte-bébé de type "sling" mais il est maintenant clair que c'est plutôt la mauvaise qualité de ces porte-bébé qui étaient à blâmer et non pas le portage en général.

Enfin, notons que les dispositifs pour déposer les bébés ont aussi des risques bien documentés. Par exemple, l'utilisation excessive des sièges d'auto ou des chaises pour nourrisson est associée à une augmentation des risques de plagiocéphalie ou syndrome de la tête plate. En effet, la pression constante sur l'arrière du crâne amplifie les déformations associées à cette condition. Dans une étude de 2003, les chercheurs pouvaient d'ailleurs reconnaître par la seule observation du crâne les bébés qui passaient plus de 4 heures par jour dans ce genre de siège.

En conclusion, le portage comporte plusieurs avantages et, s'il est bien pratiqué, très peu de risques. Il s'agit en outre d'une expérience très enrichissante pour les parents et le bébé. Alors, pourquoi s'en passer?

- Cet article a d'abord été publié sur le site Maman Éprouvette .