«Explorer l’espace, quel beau gaspillage. Imaginez tout ce que l’on pourrait faire avec cet argent dilapidé pour visiter des comètes qui puent et des planètes froides et désertiques.» Ce sont des propos que l’on entend fréquemment.

Même les jeunes, en classe, se font les porte-parole des adultes de leur entourage.

Mais qu'en retourne-t-il?

D’abord la question de l’argent.

Regardons cela d’un peu plus près.

Le budget militaire des États-Unis est d’environ 20% des dépenses totales du pays. Le budget de la NASA est d’à peine un demi-pour cent (0,5%). Le Canada consacre 8% de ses dépenses à la Défense et l’Agence spatiale canadienne ne reçoit 0,14%.

Ce qui veut dire qu’en moyenne les dépenses militaires américaines coûtent à un Américain 6,40$ par jour et l’exploration spatiale 15 cents. Au Canada, chacun d’entre nous, en moyenne, paye chaque jour 1,60$ pour l’armement et 3 cents pour les activités spatiales. Si on devait récupérer des argents quelque part, pour des causes humanitaires, c’est bien du côté militaire qu’il faudrait gruger. Les dépenses consacrées à l’exploration spatiale engendrent de nombreuses retombées qui profitent à l’humanité dans son ensemble.

Les retombées

J’ai dressé une liste sommaire de ces retombées (économiques et pratiques) de l’exploration spatiale. De l’argent, ne l’oublions pas, dépensé sur Terre.

Guidage des véhicules

Le GPS (Global Positionning System) est un système de navigation par satellite. Développé à la fin des années 1970, il mesure à tout moment et n’importe où sur la surface du globe les coordonnées (latitude, longitude et altitude) du porteur d’un appareil de réception.

De nos jours, le système GPS est utilisé pour le guidage automobile, la régulation du trafic des bus, du transport ferroviaire, de la navigation maritime et de la téléphonie mobile. Les services d’Urgences-santé et les pompiers abrègent leur temps de déplacement grâce aux informations précises de localisation du système GPS.

Couverture de survie

En 1960, les Américains mettent en orbite le ballon satellite Echo 1. Son but: réfléchir des ondes radio entre deux continents. Le ballon est recouvert d’un film de plastique aluminisé en Mylar, un isolant thermique. Aujourd’hui, ce matériau est le principal composant des couvertures de survies aux reflets dorés et argentés.

Les freins des trains à haute vitesse

Les composites en carbone utilisés pour les tuyères des propulseurs d’appoint des fusées entrent aujourd’hui dans la fabrication des disques de freins aux performances inégalées.

On retrouve ces disques sur nos voitures, augmentant d’autant la sécurité des déplacements.

Des textiles ignifugés

Mise au point d’un textile pare-flamme en fibres de Kevlar pour protéger les astronautes des effets calorifiques et des rayonnements thermiques. On utilise ces textiles dans l’équipement des pompiers.

Les ballons gonflables, les airbags

Cette technologie déclenchant le gonflage d’un ballon situé sous le tableau de bord du conducteur d’une voiture est née des systèmes spatiaux. On utilise cette technologie pour l’atterrissage de robots sur Mars (Sojourner, Spirit, Oportunity, Beagle2).

Le téléphone mobile

Le téléphone mobile via les relais satellites permet de contacter n’importe qui, n’importe où, même dans des zones géographiquement isolées.

La médecine à distance

Grâce aux communications par satellites, des spécialistes pourront à distance venir en aide à des médecins des régions éloignées et permettre efficacement d’établir des diagnostics précis et éclairés.

Simulateurs cardiaques

La mise au point de simulateurs cardiaques informatisés découle directement du développement des capteurs fixés aux astronautes pour observer l’évolution de leur métabolisme.

Nouvelles molécules pharmaceutiques

Les études sur la croissance des cristaux de protéines permettent de mieux comprendre les interactions entre leurs différents composants, et permet de développer des médicaments plus efficaces, comportant moins d’effets secondaires pour le traitement des maladies telles le diabète, le cancer du sein ou de la prostate. La recherche, entre autres sur les protéines, aidera à protéger les récoltes contre les maladies ou à atténuer la résistance des bactéries aux antibiotiques.

Imagerie médicale

On utilise l’effet Doppler pour mesurer la vitesse de circulation du sang dans les vaisseaux.

D’autres techniques comme la résonance magnétique, dérivée de l’imagerie spatiale, ont contribué à l’évolution des images médicales. La résonance magnétique a énormément bénéficié des progrès de l’imagerie spatiale.

Étude de l’évolution osseuse

Après quelques semaines dans l’espace, les os des astronautes s’affaiblissent. Ils sont comparables à ceux des personnes soufrant d’ostéoporose. En observant cette dégénérescence sur une courte période de temps, on peut bien comprendre le phénomène et développer des médicaments ou des traitements pour les personnes souffrant de cette cruelle maladie. Fort heureusement pour les astronautes, la détérioration osseuse est réversible. Quelques semaines après leur retour sur terre, leurs os sont revenus à leur état normal.

Recherche sur les protéines

Ces recherches effectuées dans l’espace pourront aider à protéger les récoltes contre les maladies ou atténuer la résistance des bactéries aux antibiotiques.

La météo

Les premiers satellites de prévision météorologique ont été lancés en 1960. Ils photographient les nuages, repèrent les cyclones, mesurent la température de l’atmosphère et la vitesse des vents. Ils contribuent à alerter les populations des zones que visiteront les tornades ou les cyclones et contribuent ainsi à sauver de nombreuse vies.

Satellites agricoles

Une gamme de capteurs opérant sur des longueurs d’onde judicieusement choisies permet d’identifier la végétation de façon sûre.

Cartographie

Les cartes géographiques établies à l’aide des photos satellites font apparaître de nombreuses formations dont les géographes ignoraient l’existence.

Recherche de l’eau

Repérer en infrarouge les courants souterrains.

La neige

Évaluer l’épaisseur des précipitations selon une échelle de brillance.

Balise de détresse Sarsat

Système de repérage des bateaux ou d'un avion en détresse initié en 1982. Ce système est le résultat de la collaboration du Canada, de la France, des États-Unis et de la Russie. Des centaines de milliers de balises de détresse équipent avions et navires de par le monde.

Des centaines de chaînes de télévision

Des paraboles familiales permettent de capter des signaux satellites en provenance de la planète entière.

Dans la cuisine

À l’origine, le Teflon a été inventé pour protéger les satellites des différents chocs dans l’environnement spatial. Aujourd’hui, personne ne peut se passer de ces poêles ou casseroles à revêtement antiadhésif.

Les couches-culottes

Pour satisfaire des besoins naturels, les premiers cosmonautes étaient revêtus de combinaisons incluant des matériaux absorbants. Les entreprises de couches-culottes s’en sont inspirées pour protéger les fesses des bébés.

Le Velcro

Qui ne connaît pas le Velcro? Un système de fermeture composé de deux rubans qui peuvent s’agripper ensemble par contact. Bien qu’antérieur à l’exploration spatiale, le velcro a été rendu célèbre dans l’espace.

Les fauteuils roulants

Grâce aux matériaux composites développés pour la construction des engins spatiaux, le poids des fauteuils s’est allégé, passant de 50 kilos à 12 kilos.

Nouveaux alliages

On développe toutes sortes de nouveaux alliages pour construire des engins spatiaux. Ces alliages allient légèreté et robustesse. On les retrouve ensuite un peu partout dans nos automobiles, dans les appareils électroménagers, dans la composition de nos maisons.

Procédures de gestion nouvelles

Le programme Apollo nécessita la mise au point de concept de gestion novateur. Des milliers d’entreprises furent mises à contribution pour produire les différentes composantes. Il était crucial que toutes ces pièces soient prêtes à temps et livrées au bon endroit, intactes. La gestion de toutes ces activités disparates et réparties sur une très grande zone géographique a nécessité le développement d’outils de gestion fiables et performants. À titre d’exemple, les pieds des LEMS lunaires, avec des équipages, ont été fabriqués en banlieue de Montréal et ont été livrés conformes aux spécifications juste à temps.

Les outils sans fil

Tournevis, perceuse, couteau électrique, tous ont pour «parents» les outils qui servent à travailler en impesanteur. Au cours des sorties dans l’espace, les astronautes utilisent des équipements alimentés par des piles rechargeables. Pas de fil!

Les calculatrices de poche

Ces précieux assistants de la vie de tous les jours sont le résultat de la miniaturisation des appareils spatiaux. De plus celle qui fonctionne à l’énergie solaire profite des recherches déployées pour alimenter en énergie les véhicules spatiaux.

Les ordinateurs

Les ordinateurs à la maison ou en classe sont des milliers de fois plus puissants que ceux qui ont dirigé les hommes vers la Lune et les ont ramenés sains et saufs sur Terre. Nos maisons sont maintenant remplies de petits ordinateurs destinés à nous faciliter la vie ou à nous divertir. Cuisinières électriques, laveuses, téléviseurs, magnétoscopes, consoles de jeux contiennent de minuscules «puces» qui règlent leurs bons fonctionnements.

Les manettes de jeux

Les manettes de jeu découlent directement des dispositif de contrôle des engins spatiaux.

Les détecteurs de fumée

Les détecteurs de fumée ont d’abord été mis au point pour les vols spatiaux habités.

Vous en connaissez d’autres?