Diffuser des théories du complot comporte un gros risque : nuire à vos chances lorsque vous êtes sur une plateforme de rencontres en ligne.
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Dans ce qui constitue peut-être une première, une étude en psychologie a en effet voulu mesurer cet impact. La conclusion: c’est une mauvaise idée.
On savait déjà que le fait de croire à des théories du complot pouvait nuire aux relations entre des amis ou entre des membres d’une même famille, et même détruire des couples. Mais qu’en est-il des relations nouvelles qu’on essaie de tisser à travers les sites de rencontres? Sept chercheurs en psychologie de l’Université de Kent (Royaume-Uni) ont tenté de répondre à cette question en soumettant leur « échantillon » d’environ 1600 personnes à trois tests : d’une part, comparer des profils qui affichaient des croyances complotistes, ou des arguments contredisant ces croyances, ou rien du tout; d’autre part, comparer des profils affichant de telles croyances avec des profils n’en affichant pas. Dans le troisième test, les chercheurs évaluaient le temps de réaction des participants à des faux profils qu’ils avaient créés.
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Dans les trois cas, à tous les coups, le « perdant » était le ou la complotiste. Non seulement son profil était-il jugé moins intéressant, mais lorsqu’on demandait aux participants de le noter en fonction de différents critères, il était jugé moins honnête, moins digne de confiance, moins intelligent, moins gentil et moins amical.
Leur recherche est parue plus tôt ce mois-ci dans la revue Personality and Social Psychology Bulletin.
Comme les chercheurs avaient pris soin de classer leurs théories du complot en fonction de leur orientation idéologique (« gauche » ou « droite »), il semble que l'orientation « modère les effets », écrivent-ils : les gens de gauche étaient « plus critiques », tandis que ceux de droite « favorisaient parfois les profils partageant des complots ».





