Par Raymond Fournier

C’est en ces termes que l’astrophysicienne américaine Sarah Hörst débute sa conférence à l’Université de Montréal en octobre dernier.  La sonde Cassini aurait détecté des molécules organiques complexes durant sa mission d’exploration du plus grand satellite du système solaire après Ganymède.  C’est le seul satellite qui possède une atmosphère dense.

L’astrophysicienne poursuit « Nous avons détecté des acides d’origines biologiques dont de la glycine et de l’alamine dans l’atmosphère de Titan, satellite autour de la planète Saturne ». Ces deux composés organiques sont à la base des acides aminés et des protéines constituant l’ADN des organismes vivants ici sur Terre.  Madame Hörst en est venu à cette conclusion en dépouillant et interprétant  les données reçues de la sonde spatiale Cassini et de son module Huygens durant sa mission de 2004 à 2017.  Cette conférence fut donnée sous les auspices de l’Institut de recherches sur les exoplanètes (IREX) de l’Université de Montréal.

Le plus gros satellite de la planète Saturne, Titan, possède une atmosphère dense, dont la pression est de 1,5 fois celle de la Terre, composé d’azote mais dans lequel ont été détectés des composés hydrocarbonés. 

À sa surface, de grandes étendues de méthane liquide dont Ligeia mare est un lac de méthane de 100 000 kilomètres carrés plus grand que le Grand Lac Supérieur sur la Terre dont la superficie est de 87 000 kilomètres carrés.  Les instruments de la sonde ont découvert une chimie prébiotique constituée de composées organiques solubles, dont des molécules complexes d’acide carboxylique. 

La scientifique de la NASA explique que la glycine et l’alamine sont des molécules complexes à la base des acides aminées composant l’ADN. 

Déjà en 2017, d’autres scientifiques ont affirmé que l’analyse des données du radiotélescope ALMA au Chili avait révélé la signature de molécules essentielles à la vie  dont l’acrylonitrile dans la stratosphère Titan.  Cette molécule est essentielle à la présence de membranes cellulaires dans des couches de lipides.  Également en 2017, d’autres experts de la NASA avaient publié des résultats de la mission Cassini révélant la découverte sur Titan d’une autre molécule, la pyrimidine, formant les anneaux structurels des molécules d’ADN dans les organismes vivants sur Terre.

Ces découvertes sont surprenantes considérant qu’à la surface de Titan, la température moyenne est de moins 179 degrés Celsius.   Les conditions géochimiques présentes sur le satellite Titan sont semblables aux conditions présentes sur la Terre après sa formation il y a plusieurs milliards d’années selon plusieurs scientifiques. 

L’intérêt de sonder davantage les entrailles de Titan à la recherche d’une forme de vie inédite a motivé la NASA à envoyer à sa surface vers 2034 un drone contenant un mini laboratoire chimique dont le nom de mission est Dragon fly.

Sources : IREX, NASA, La Presse.