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Fondatrice du nouveau parti Climat Québec et politicienne aguerrie, Martine Ouellet, ne mache pas ses mots sur les résultats de la 15e conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15) à Montréal en décembre 2022.  Selon elle, cette grande conférence n’apportera rien contre le déclin de la biodiversité sans une véritable volonté politique des gouvernements du monde entier.

Martine Ouellet, qui est également ingénieure et auteure, parle de greenwashing économique, une opération d’écoblanchiment.  Elle donne l’exemple du troisième lien entre Québec et Lévis, un projet de tunnel routier reliant les rives du fleuve Saint-Laurent, objet de controverses et de vives oppositions. 

Pour atteindre zéro émission en 2030, Martine Ouellet affirme qu’il faut  ‘’sortir le Québec du Canada pétrolier et avoir le courage de se tenir debout devant les lobbys ».  Elle souligne la nécessité de passer à plus d’action, plutôt que de continuer à discourir.  

Elle a écrit en 2019 un livre ayant pour titre Horizon 2030 : choisir un Québec climato-économique. Un plan en trois objectifs dont l’électrification des transports comme investissement massif dans les transports en commun, l’élimination des énergies fossiles et le verdissement du parc immobilier.  Elle écrit qu’il y a plusieurs retombées positives à la diminution des gaz à effet de serre (GES) et à une création d’emplois considérable. Son constat est sombre en regard des avancées.  En 2022, affirme-t-elle, la situation a peu évolué.  ‘’L’électrification des transports avance à pas de tortue. Tous les autobus scolaires au Québec devraient être déjà électrifiés ». 

Du côté des énergies fossiles, elle croit ‘’qu’éliminer le chauffage au gaz naturel dans l’ensemble des résidences et des immeubles est possible aujourd’hui car nous avons toute la technologie pour faire la conversion, d’ici 2030 ». Dans son ouvrage, elle écrit ‘’le Québec est mûr pour une 2e Révolution tranquille, verte cette fois-ci ». Et 2030 est réaliste selon elle, ‘’parce qu’au Québec, c’est un endroit plus facile qu’ailleurs d’arriver à zéro émission considérant sa situation énergétique ». En 2050, ça sera trop tard, selon Martine Ouellet et plusieurs scientifiques dont le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC), principal organisme effectuant l’évaluation des changement climatiques

‘’La biodiversité et la lutte au réchauffement c’est un même combat » ajoute-elle.  Elle manifeste une inquiétude face aux propos du gouvernement Legault concernant la préservation des milieux naturels. Alexandre Shields, journaliste au Devoir, a écrit que le gouvernement Legault ne compte pas fermer la porte à tout projet de développement qui pourrait empiéter sur l’habitat d’espèces en péril, comme la rainette faux-grillon.

L’accord, jugé historique de la COP15, a été obtenu à l’arrachée, rappelle Martine Ouellet.  Des pays en voie de développement ont exprimé leur dissidence, dont plusieurs sur le continent africain. Elle reconnait que l’objectif de protection de 30% des aires terrestres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines, est ambitieux. Par ailleurs, d’autres engagements auraient pu être plus formels, demeurant moins bien chiffrés. Elle pense qu’il n’y a pas une grande volonté des pays du nord de faire un bond en avant radical. Dans le livre Martine Ouellet osez déranger, écrit par Nathaly Dufour en 2020, cette dernière exposait la volonté de la cheffe de Climat Québec envers une diminution rapide des produits à effet de serre.  

Malgré tout, Martine Ouellet reste optimiste.  Dans ce livre de 2020, l’auteure la décrivait comme une femme qui croit encore aujourd’hui que l’on peut améliorer le monde, le rendre plus juste, plus vert, plus lumineux. 

Sources :

Ouellet Martine, Horizon 2030 : choisir un Québec climato-économique, Éditions Québec/Amérique, (2019);

Dufour Nathaly, Martine Oullet, oser déranger, Éditions Québec/Amérique (2020);

Le Devoir, Radio-Canada.