ASP_IMG_3859.JPG

Les phénomènes quantiques apportent de nouvelles applications en télécommunications cryptées et au futur ordinateur quantique.  La vitesse d’un simple ordinateur quantique sera des milliards de fois plus rapides que les plus puissants ordinateurs actuels.  Comment est-ce possible ?  Bien que le sujet soit à peine compréhensible du grand public, il était au rendez-vous au Cœur des sciences, à l’UQAM, pour une intrusion dans la physique quantique.

Le conférencier, Alexandre Blais, chercheur et directeur scientifique de l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke, s’intéresse plus particulièrement à la théorie entourant les supraconducteurs quantiques.

Situant historiquement le développement de la théorie quantique, le conférencier a précisé que l’idée du fonctionnement du transistor, découvert en 1925, serait à l’origine d’un circuit électronique moderne.

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

Il a expliqué que les ordinateurs actuels utilisent le langage binaire, soit 0 ou 1 comme mode de fonctionnement.  Donc un bit d’information est soit un 0 ou 1.  Les ordinateurs quantiques utiliseront le langage binaire mais 0 et 1 ce qui suppose une superposition de type quantique.  De là est né le Qubit en opposition au bit conventionnel.  La différence entre les transistors est qu’un transistor quantique regardera tous les Qubits simultanément alors qu’un transistor conventionnel regarde les bits de manière séquentielle.  Cette nouvelle façon de faire fonctionner un ordinateur augmentera de manière phénoménale la vitesse de traitement des données.

‘’Un changement de paradigme important s’applique dans le traitement des données’’ déclare le chercheur.  Les ordinateurs quantiques seront refroidis à presque le zéro absolu, ce qui augmentera la performance des composantes par effet de supraconductivité.   Le chercheur désigne comme processus informatique les Qubits supraconducteurs et d’autres formes comme le Qubits de spin, objets de recherche à l’Institut quantique de Sherbrooke.

Tout va plus vite et de mieux en mieux.  Le dernier processeur quantique d’IBM possède 433 qubits.  Il est plus puissant que le deuxième plus puissant des ordinateurs actuels, Summit.  Le prochain défi dans le développement futur d’un ordinateur quantique c’est la correction des erreurs de qubits.   

Les investissements en technologie quantique ont explosé depuis 2019, s’élevant maintenant à plusieurs milliards de dollars américains.  Les recherches se font principalement aux États-Unis, en Russie, en Chine et au Canada.  Au Québec, les investissements s’élèvent à plus de 435 millions de dollars.  Ils sont répartis dans 13 centres de recherches, dont plusieurs privés.

La conférence a suscité énormément d’intérêt de la part du public présent et de questions.  Plusieurs questions visèrent à mieux comprendre le processus quantique, qui est contre intuitif selon Blais, donc difficile à comprendre.  L’ordinateur quantique pose aussi des questions éthiques comme le fait l’intelligence artificielle.  Le futur ordinateur quantique ne remplacera pas l’ordinateur actuel et est au stade de développement.  Dans l’avenir, un nouveau senseur quantique pourrait améliorer l’imagerie médicale et la détection de gisements miniers.  La sécurité informatique serait grandement renforcée par l’utilisation d’un ordinateur quantique.  C’est à voir !

Je donne