Vous faire vacciner contre la grippe vous rendrait plus susceptible d'infecter les autres.

C’est ce que rapporte le site Collective Evolution, en précisant que le vaccin contre la grippe saisonnière multiplierait le risque d’infection par six. Cette conclusion est tirée d’une étude américaine : le virus infectieux est en effet présent dans l’air expiré par les sujets. Mais l’étude conclut autrement : les sujets malades produisent 6,3 fois plus de particules du virus de la grippe s’ils ont été vaccinés pendant la saison et la précédente que ceux qui n’ont pas été vaccinés pendant ces deux saisons. Cette association entre production, ou excrétion, de particules et vaccination est significative pour la grippe A, mais pas pour la grippe B.

De plus, une étude canadienne a établi une association entre le vaccin antigrippal saisonnier de 2008-2009 et la pandémie de H1N1 du printemps et de l’été 2009, après examen de quatre autres études observationnelles. Or, la grippe saisonnière et la grippe pandémique sont différentes, même si elles peuvent être causées par un même type de grippe.

Alors, la vaccination antigrippale favorise‑t‑elle la propagation du virus ? Jouons un peu avec les données : le groupe témoin comptait 178 sujets, des étudiants de 19 à 21 ans, déjà atteints d’une infection respiratoire aigüe, dont 21 % asthmatiques et 88 % vaccinés contre la grippe. De ces sujets, 156 avaient déjà la grippe (88 % de 178). Le virus a été détecté dans 52 échantillons de fines gouttelettes aériennes (en aérosol), échantillons fournis par les sujets vaccinés, soit quatre personnes (3 %). Or, l'étude américaine omet de préciser une donnée importante : quel virus était celui (ou ceux) utilisé pour le vaccin saisonnier. Elle n'explique pas non plus d'où vient ce résultat de 6,3 %.

Notre conclusion : oui, le risque de contagion existe quand on est grippé, même si on est vacciné, peu importe qu’on tousse ou non. Par contre, entre observer qu’il y a 6,3 fois plus de particules virales dans l’air des grippés vaccinés et affirmer que le risque est d’autant augmenté, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par l’auteur de Collective Evolution…