L’actualité de la recherche en santé ne prend pas de pause, mais certaines percées de 2025 sont annonciatrices de tendances lourdes qui vont se poursuivre en 2026 et dont l’impact positif pourrait s’étaler sur des années. En voici quatre.
À lire également
1) Un médicament pour plusieurs usages?
Alors que deux médicaments anti-obésité, l’Ozempic et le Wegovy, doivent voir des versions dites génériques —donc, moins coûteuses— arriver sur le marché dans différents pays, incluant le Canada, on voit en même temps apparaître de plus en plus d’études qui découvrent à ces médicaments des bienfaits possibles, loin au-delà de la simple perte de poids.
Ainsi, des recherches ont récemment suggéré —et d’autres recherches sont en cours pour le confirmer ou l’infirmer— que ces médicaments pourraient contribuer à combattre les maux de tête ou l’alcoolisme, en plus des problèmes cardiovasculaires. Les chercheurs attendent les résultats de nouvelles études avant de se prononcer mais surtout, ils espèrent mieux comprendre les mécanismes biologiques qui feraient en sorte qu’un seul médicament pourrait avoir des impacts aussi éloignés les uns des autres.
2) Des thérapies géniques personnalisées ?
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
Cela fait maintenant une décennie que les nouvelles percées en thérapie génique au moyen de la technologie CRISPR figurent chaque année parmi les percées les plus remarquées. 2025 n’a pas fait exception: en mai dernier, on apprenait qu’un bébé né aux États-Unis, KJ Muldoon, était devenu la première personne à avoir reçu un « traitement CRISPR sur mesure ».
C’est une référence au fait que, jusqu’ici, deux thérapies utilisant CRISPR avaient été approuvées pour utilisation aux États-Unis —toutes deux depuis 2024— et chacune était destinée à une pathologie causée par une mutation délétère: il faut en théorie retirer les cellules « défectueuses », faire la modification génétique en laboratoire puis réintroduire les cellules chez le patient. Alors que dans le cas de « KJ », il s’agit de faire « l’édition » d’une mutation spécifique, dans le corps même du bébé. Ce genre de traitement sur mesure, s’il s’avérait qu’il est possible de le répéter dans d'autres circonstances, pourrait faire de la thérapie génique un espoir pour un plus grand nombre de patients.
3) D’autres thérapies géniques?
En attendant, des recherches sur CRISPR vont se poursuivre en 2026 pour confirmer —ou infirmer— les résultats encourageants obtenus pour ralentir la progression de la maladie d'Huntington, pour combattre l'hypercholestérolémie, la surdité congénitale ou la leucémie. Il faudra toutefois faire le tri entre les résultats encourageants mais qui ne sont que préliminaires —sur des souris, par exemple— et ceux qui sont plus près d’une véritable autorisation.
4) Les vaccins à ARN?
Quoi qu’en disent les autorités américaines, on va entendre parler des vaccins à ARN en 2026, à mesure que des recherches à leur sujet vont continuer de s’accumuler. Si ces vaccins sont, depuis la COVID, jugés aussi prometteurs pour de futures applications, c’est parce qu’ils sont plus faciles à produire que les vaccins traditionnels. Le défi reste de transporter les « instructions » —parce qu’un virus à ARN est en gros une série d’instructions précises à envoyer à nos cellules sur les protéines qu'elles doivent produire.
En novembre, sont parues des données sur un vaccin à ARN testé pour combattre la grippe saisonnière pendant l’hiver 2022-2023 —et on va voir apparaître en 2026 d’autres données sur l’efficacité de ces nouveaux types de vaccins par rapport aux autres. En décembre, des chercheurs de l'Université Yale estimaient à 75 milliards$ par an les bénéfices possibles pour l'économie américaine des vaccins à ARN —si le pays ne coupait pas les ponts avec cette technologie.





