D’ici la fin de la prochaine décennie, guérir d’une allergie aux arachides pourrait être chose possible ! Un nouveau vaccin thérapeutique aurait le potentiel de supprimer la réaction anaphylactique produite par le système immunitaire des personnes allergiques. Les résultats de l’étude portant sur ce vaccin et menée par des chercheurs de la University of Michigan ont été publiés le 11 avril 2018 dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Allergies alimentaires Canada rapporte qu’environ 2,5 millions de canadiens souffrent actuellement d’au moins une allergie alimentaire. Selon Santé Canada, les arachides font partie des allergènes prioritaires au pays, l’allergie aux arachides étant l’une des plus courantes. La seule méthode de prévention actuellement connue consiste à évitant de consommer l’allergène en question.

Une réaction allergique sévère, ou choc anaphylactique, se produit quand le système immunitaire réagit fortement à une protéine étrangère. L’anaphylaxie cause des symptômes tels que des démangeaisons, des éruptions cutanées, de l’urticaire, un gonflement du visage et des mains, des difficultés du système cardio-respiratoire, des problèmes digestifs et peut même aller jusqu’à entraîner la mort. Lors d’un choc, le traitement pour faire cesser la réaction allergique excessive consiste en l’administration d’épinéphrine. Ainsi, les personnes atteintes sont contraintes d’avoir un auto-injecteur du type Epipen sur elles en tout temps.

À l’heure actuelle, des techniques d’immunothérapie impliquant une augmentation progressive de l’exposition aux allergènes permettent de désensibiliser les individus à certains aliments et de limiter la réaction du corps face à ceux-ci, cependant pas de les rendre tolérants. La seule méthode de prévention possible s’avère donc la contrainte de surveiller minutieusement tous les aliments naturels et produits transformés ingérés et de demeurer vigilant en tout temps pour éviter toute contamination possible. En effet, même une petite quantité ou contamination par contact peut provoquer un choc anaphylactique.

Dans leur étude, les chercheurs de la University of Michigan ont administré une dose mensuelle du vaccin pendant trois mois consécutifs à des souris chez qui une allergie aux arachides avait précédemment été induite par modification génétique. Deux semaines suivant la dernière dose du vaccin, ils ont observé l’apparition d’une immunité chez les rongeurs. Plus précisément, l’immunité acquise par la vaccination prévient l’activation des cellules responsables d’initier les réactions allergiques du corps face à l’allergène. Les souris vaccinées étaient désormais protégées des symptômes indésirables graves survenant habituellement suite à leur exposition à des arachides et pouvaient en consommer sans risque de choc anaphylactique.

L’équipe de chercheurs poursuit présentement ses études pour mieux comprendre les mécanismes responsables de la suppression des allergies, démonter la sécurité et l’efficacité du vaccin et déterminer la protection qu’il procurera à long terme. Les scientifiques espèrent ultimement parvenir à une protection illimitée et contribuer à sauver des vies. Grâce au vaccin en développement, les allergies aux arachides pourraient d’ici quelques années devenir chose du passée. Les personnes souffrant d’allergies aux arachides pourraient pour la première fois goûter au plaisir de déguster sans danger des rôties recouvertes de beurre d’arachide et de confiture à la fraise pour le petit déjeuner !