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Ce n’est pas un article sur un problème médical: le magazine de vulgarisation Scientific American s’est bel et bien intéressé cette semaine au groupe rock québécois Angine de poitrine, devenu une célébrité mondiale; et il s’y est intéressé sous l’angle des… neurosciences.

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Tout d’abord, un rappel: à peu près toute la musique occidentale est basée sur un système de 12 notes. Sur un piano, cela prend la forme de 7 touches blanches (do, ré, mi, fa, sol, la, si) et de 5 touches noires intercalaires (qui jouent, tout dépendant de la pièce musicale, les dièses ou les bémols). Chaque note est, à la base, une vibration sur une fréquence qui lui est unique: cette vibration, ou oscillation de l’air, fait osciller notre tympan, qui traduit cela en un signal envoyé au cerveau. 

Ce concept des intervalles musicaux remonte à au moins 2500 ans, et les historiens de la musique l’attribuent soit au philosophe grec Pythagore, soit aux Mésopotamiens. 

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Or, le duo Angine de poitrine utilise une guitare spéciale à laquelle ils ont ajouté des frettes —ces éléments métalliques qui, sur le manche, sont perpendiculaires aux cordes— qui leur permettent, en quelque sorte, de jouer des « notes entre les notes ». Un peu comme la musique classique indienne, qui est faite de 22 notes plutôt que 12. 

Résultat, explique l’expert en neurosciences cognitives Robert Zatorre, de l’Université McGill, notre cerveau est devenu habitué dès l’enfance à ces 12 notes « et tout ce qui est hors de ce système peut sembler étrange ». 

« Dès l’enfance, en fait, dès les premières semaines de vie, le cerveau de l’enfant, même s’il n’est pas pleinement développé, commence à repérer des régularités », qu’il s’agisse du langage ou de la musique. Tout notre amour d'une musique plutôt que d'une autre reposerait dès lors —il y a eu des recherches là-dessus— sur un dosage entre ce qui est prévisible —si ça l’est trop, c’est ennuyant— et inattendu —si ça l’est trop, on décroche. 

Le fait d’avoir dépassé les attentes quant à l’inattendu pourrait donc expliquer le succès viral d’Angine de poitrine: « leur musique est différente, mais n’est pas un désordre de fréquences » qui compétitionnent entre elles, poursuit Zatorre. Juste assez familier pour que notre cerveau ne soit pas totalement désarçonné, mais juste assez « étrange » pour qu’on soit embarqué. 

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