chauve-souris-Bat1K.jpg

Le décodage des génomes de pas moins de 103 espèces représentant les 21 familles de chauves-souris, en plus de l’analyse de 44 fossiles de différentes époques : c’est la somme qu’il a fallu pour tenter de reconstituer l’évolution de ce mammifère unique en son genre et qui est parvenu à se répandre sur tous les continents.

À lire également

C’est en effet le seul mammifère capable de voler, et qui de surcroît peut voler en utilisant ce qu’on appelle l’écholocation, c’est-à-dire un sonar qui lui permet de « voir » les obstacles et les proies. Les chauves-souris sont aussi capables de tolérer une charge virale élevée sans montrer des signes de maladie —ce qui explique peut-être le nombre élevé de virus qui sont passés par des chauves-souris avant d’atteindre les humains, comme le virus responsable de la COVID en 2020.

Or, toutes ces petites bêtes auraient un ancêtre commun qui vivait il y a 65 millions d’années en Europe, lit-on dans une étude récemment publiée dans la revue Nature. Leur diversification pourrait donc être directement liée à la disparition des dinosaures, qui leur aurait ouvert une fenêtre d'opportunité. L’étude conclut aussi que l’écholocation aurait émergé avant la diversification. 

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

On recense aujourd’hui 1500 espèces de chauves-souris à travers le monde: c’est environ un cinquième de l’ensemble des espèces de mammifères. Un débat de longue date parmi les biologistes tournait autour du continent d’où elles étaient originaires: l’Afrique, l’Europe ou l’Asie. 

La reconstitution d’un tel « arbre généalogique » n’a pas pour seul objet de satisfaire la curiosité des amateurs de chauves-souris. Toutes ces données génomiques vont fournir du matériel pour des « études comparatives pendant des années à venir », écrivent les auteurs. Qu’il s’agisse de comprendre ce qui a rendu ces espèces à ce point résistantes aux virus, au fil des millions d’années, ou bien ce qui leur a donné une espérance de vie plus élevée que ce que leur petit poids laisserait soupçonner: elles peuvent vivre jusqu’à 40 ans, contre quelques années seulement pour les souris. 

Il y a aussi le mystère du syndrome du museau blanc, une maladie causée par un champignon qui a tué des millions de chauves-souris en Amérique du Nord à partir de 2006. 

L’étude compte 137 signataires de 64 pays, dont la France et le Canada. Elle est censée n’être que la première phase complétée d’un projet appelé Bat1K, lancé en 2017 et dont l’objectif ultime est le décodage des génomes de toutes les espèces de chauves-souris.

Je donne
EN VEDETTE
Publicité
Appel à tous!
Publicité