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Une pluie rouge n'est pas une surprise en soi. De nombreux cas bien documentés décrivent un phénomène météorologique (rare) dans lequel des grains de de sable sont soulevés par des courants aériens ascendants et retombent sous forme d'averses colorées, parfois à des centaines de kilomètres de distance.
Deux physiciens de cette région de l'Inde, G. Louis et S. Kumar de l'Université Mahatma Gandhi de Kottayam, ont recueilli des échantillons de ces pluies pour en faire une analyse détaillée. Les détails de leur travail seront bientôt présentés dans la revue Astrophysics and Space Sciences (une copie de l'article est disponible ici).
La conclusion principale de l'article suggère que la source de ces pluies rouges n'est pas le sable d'un désert plus ou moins lointain, mais plutôt des structures d'apparence biologique et possiblement d'origine extraterrestre. Si cette conclusion s'avère, il s'agit de la découverte d'une première forme de vie extraterrestre ainsi qu'une confirmation de la théorie de la panspermie.
Rappel, la version moderne de la théorie de la panspermie, initialement proposée par le chimiste suédois Svante Arrhenius en 1908, a été reprise par les astronomes britanniques Fred Hoyle et Chandra Wickramasinghe dans les années 1980. Selon cette théorie, la vie n'est pas indigène à notre planète mais y a été amenée par le biais de spores ou de bactéries cachées dans des noyaux de comètes. Puisque toute la vie sur la Terre découle de l'évolution des premières cellules, d'une certaine façon si la panspermie est à l'origine de la vie sur notre planète, nous serions donc tous d'origine extraterrestre !
Récemment, les deux physiciens indiens ont fait parvenir des échantillons à des collègues afin de préciser la nature biologique des petites structures observées dans ces pluies. Les analyses plus détaillées ont révélé la présence d'ADN. À moins que les bases de cet ADN soient différentes de celle de l'ADN terrestre, la probabilité que ces structures soient étrangères à la Terre devient soudainement beaucoup moins grande.
Encore plus récemment, des chercheurs du Tropical Botanic Garden & Research Institute de Kerala ont ressorti un rapport publié dans les semaines suivant les fameuses pluies de 2001. Dans ce rapport, ils affirment avoir identifié la nature des cellules rouges retrouvées dans ces pluies. Il s'agirait d'une algue indigène à cette région de l'Inde. Selon eux, un phénomène atmosphérique aurait alors aspiré des spores de cette algue vers le haut et celles-ci seraient retombées sous forme de pluie dans les jours suivants.
Il semble donc que l'explication de la pluie rouge de Kerala soit moins exotique que celle proposée initialement. Dans ce genre de situation il est toujours utile de se rappeler ce que disait l'astronome Carl Sagan: "Une affirmation extraordinaire doit toujours être soutenue par des preuves tout aussi extraordinaires".




