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Ergothérapeute de formation, Myriam Villeneuve est aussi musicienne. Elle songeait depuis un certain temps à jumeler sa passion pour la musique et son métier de clinicienne à l’Hôpital Juif de réadaptation de Laval.

Aujourd’hui candidate à la maitrise en science de la réhabilitation à l’Université McGill, elle étudie comment le piano peut aider à améliorer le fonctionnement des extrémités des membres supérieurs chez les personnes ayant été victimes d’un accident vasculaire cérébral.

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Des études démontrent déjà que la zone motrice chez un musicien s’active lorsqu’il entend une pièce qu’il a pratiquée auparavant. «Cette coactivation des cortex moteur et auditif est également vraie chez les non-musiciens après seulement 20 minutes de pratique. Avec une clientèle AVC, c’est ce qu’on recherche. On veut activer cette zone motrice endommagée», explique la jeune chercheuse.

Contre toute attente

Comme l’Hôpital Juif de réadaptation offre un programme de support salarial afin de subventionner des projets de recherche, «j’étais donc libre une journée par semaine pour faire de la recherche pendant un an», raconte-t-elle.

Se rendant vite compte que cette plage horaire ne suffisait pas, elle décide de continuer son projet à la maitrise sous la supervision d’Anouk Lamontagne de l’Université McGill et de Virginia Penhume de l’Université Concordia, toutes deux spécialistes en physiothérapie et ergothérapie.

«Selon moi, les résultats de Myriam sont impressionnants considérant la durée de l’étude préliminaire», reconnaît Anouk Lamontagne.

Un test a démontré qu’au bout de 180 heures de pratique à l’Hôpital et de 60 heures de pratique à la maison par semaine, pendant trois semaines, les patients ont retrouvé entre 23 % et 50 % d’amélioration dans l’exécution de tâches courantes.

En temps normal, une fois la réadaptation terminée, les gens atteignent un plateau où il n’y a plus d’amélioration significative. «On peut voir aujourd’hui que c’est faux et que les gens peuvent encore s’améliorer», affirme fièrement la chercheuse. De plus, cette amélioration est maintenue jusqu’à trois semaines après l’arrêt de l’intervention, alors qu’en général les bénéfices d’un exercice de réadaptation sont perdus si on y met fin.

Joindre l’utile à l’agréable

Jouer du piano afin d’améliorer le fonctionnement des extrémités des membres supérieurs chez les personnes ayant été victimes d’un AVC comporte plusieurs avantages. Comme l’explique Myriam Villeneuve, le piano est l’un des seuls instruments pour lequel il n’est pas nécessaire d’utiliser les deux mains.

«De plus, l’instrument est toujours juste. On ne peut que jouer la mauvaise note. Entendre la musique nous donne immédiatement une rétroaction positive si l’on fait la bonne séquence», fait-elle valoir.

«Plusieurs patients voulaient continuer à la fin de l’étude préliminaire. Je pense que si on leur donne le goût d’aller suivre des cours de piano, on a gagné quelque chose», conclut sa directrice de recherche.

Par Marie-Eve Cloutier – Agence Science-Presse

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