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Cinq ans plus tard, il y a encore des gens qui réclament qu’une transfusion de sang leur provienne exclusivement de gens qui n’ont pas été vaccinés contre la COVID.

Des médecins rapportent de tels cas de temps en temps. Mais une compilation des dons de sang faits dans un hôpital du Tennessee en 2024 et 2025, parue dans la revue Transfusion, vient d’apporter une statistique qui a pris les chercheurs eux-mêmes par surprise: sur 15 personnes qui avaient demandé un « don dirigé », toutes l’avaient fait en demandant que le sang provienne d’une personne non vaccinée, et spécifiquement une personne non vaccinée contre la COVID. 

« Don dirigé » est le nom donné à un don de sang fait par une personne choisie —généralement un membre de la famille— plutôt qu’à travers une banque de sang. 

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La crainte qu’une personne vaccinée puisse transmettre « quelque chose » remonte aux premiers temps de la campagne de vaccination, au début de 2021. Dans bien des cas, ceux qui défendaient cette idée fausse disaient que la personne vaccinée pouvait « expulser le vaccin » —ce qui faisait particulièrement peur à ceux qui croyaient que le vaccin était mortel. Mais avec le succès de la campagne de vaccination contre la COVID —de nombreuses études l’ont mesurée au cours des cinq dernières années— et avec le recul progressif du virus de la COVID, on aurait pu croire que cette croyance se serait estompée. 

L’idée, aussi étrange soit-elle, a même été testée: en 2025, une étude, également parue dans la revue Transfusion, avait confirmé que les dons de sang reçus de gens vaccinés contre la COVID étaient tout aussi sécuritaires que les autres.

Même s’il ne s’agit que d’un petit nombre de patients en attente d’une transfusion qui font cette demande, de telles demandes peuvent retarder chez ces personnes une transfusion dont elles ont un urgent besoin, puisqu'il faut trouver le donneur en question. La compilation du Tennessee, réalisée au Centre médical de l’Université Vanderbilt, signale qu’une de ces 15 personnes a vu son niveau d’hémoglobine atteindre un seuil critique, ce qui peut endommager des organes. Une autre a développé de l’anémie.

D’autre part, de telles demandes ont un impact plus global: le don dirigé « est plus complexe » —il demande plus de coordination, d’entreposage et de suivi— que le don de routine, souligne le principal auteur de la recherche, Jeremy Jacobs. 

Il existe même, en Oklahoma, un projet de loi qui, s’il était adopté, obligerait les hôpitaux à donner aux patients le choix d’avoir accès au sang de personnes non vaccinées.

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