Je reviens de passer cinq jours sur ces îles qui, pour ceux qui me lisent de France ou d’ailleurs, sont posées au milieu du golfe du Saint-Laurent, à plus de deux cent kilomètres des côtes du Québec. Il y a longtemps que je caressais le rêve de visiter ces îles, qui me semblaient des plus exotiques. L’occasion de concrétiser ce rêve m’est venue d’une manière qui mérite d’être racontée. Comme vous le savez peut-être, à la fin de chaque saison de la parution des manchettes scientifiques, je soumets mes lecteurs à un petit test qui est en quelque sorte un examen de fin d’année. Il y a deux ans, la participante qui s’est démarquée était Lucie d’Amours, professeure de biologie au Centre d’études collégiales des Îles. À l’époque, je lui avais offert comme prix l’excellent livre de François Chartier, intitulé Papilles et Molécules. L’an dernier, Lucie d’Amours a de nouveau décroché la première place et j’ai alors jugé qu’elle méritait une récompense à la hauteur de ses talents. Donc, en toute modestie, j’ai décidé de lui offrir : moi-même!
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Dans le cadre de l’Année internationale de la chimie, la Société de chimie du Canada (SCC) a mis sur place un programme voué à la mise en valeur de cette science si centrale à tous les aspects de la vie. J’ai donc mentionné aux responsables de la SCC qu’une visite aux Îles-de-la-Madeleine tombait à point nommé, et ils ont accepté sans hésiter de couvrir les frais du voyage. Lors de mon séjour, j’ai eu l’occasion de prononcer des conférences sur la chimie amoureuse et vinicole et d’offrir mon spectacle intitulé La magie de la chimie. Par-dessus tout, ce que j’ai le plus apprécié lors des ces événements est le rapport privilégié avec les étudiants et le public. Les échanges que j’ai eus alors diffèrent largement de ceux que j’ai l’occasion d’avoir dans le cadre des cours que je donne à l’Université McGill. Ces cours, auxquels assistent au-delà de 600 étudiants, ont lieu dans des amphithéâtres. Comme le dit si justement Lucie d’Amours, aux Îles, tout est de dimension humaine. Il faisait encore frais en ce début d’avril et le vent était très présent. Néanmoins, cette fraîcheur était largement compensée par la chaleur des gens.
J’ai également été frappé par la richesse et la diversité culturelles qui existent aux Îles-de-la-Madeleine. Mon arrivée concordait avec la clôture de Livres en fête et j’ai pu assister au spectacle qui couronnait la fin de cet événement. Cette soirée, à laquelle a pris part une panoplie de poètes, de conteurs et de chanteurs qui ont fait profiter le public de leurs talents, a été des plus agréables. Les Madelinots sont bien conscients du site privilégié qu’ils occupent; voilà pourquoi ils se préoccupent de l’issue du projet de développement du gisement d’hydrocarbures Old Harry, situé aux Îles-de-la-Madeleine et à Terre-Neuve. Également durant mon séjour avait lieu le Forum sur les hydrocarbures. S’y réunissaient différentes communautés bordant le golfe du Saint-Laurent, et chacune souhaitait que soit observé un niveau élevé de prudence et de transparence, dans le cas où de tels projets seraient mis de l’avant.
Puisque je l’ai mentionné au début de ma chronique, je me dois de couvrir l’aspect touristique de ma visite. Mon épouse et moi avons passé le week-end à arpenter les Îles de long en large. En fait, il faut mettre l’accent sur la longueur, l’Archipel habité étant formé de huit îles, dont sept reliées par de minces cordons de dune sablonneuse. Cela donne des plages à perte de vue, entrecoupées de falaises rouges façonnées par le vent : les caps. D’ailleurs, le vent y est omniprésent. Ma compagne de voyage et moi-même avons été fort chanceux. La pluie n’a été de la partie qu’une seule nuit; il y avait alors des rafales atteignant jusqu’à 60 kilomètres à l’heure. Je ne veux même pas imaginer ce qu’il peut se produire lorsque l’intensité de ces dernières double. À ce sujet, j’ai appris qu’au Québec, il n’existe qu’un seul endroit où les portes s’ouvrent vers l’extérieur : les Îles‑de-la-Madeleine! Cela réduit la possibilité d’infiltration d’eau causée par la pluie les jours de grand vent. Et lorsque cela se produit, il faut déployer une force herculéenne pour ouvrir la porte de l’extérieur!
P.-S. J’aimerais remercier toutes les personnes qui ont fait de notre séjour aux Îles-de-la-Madeleine un moment si agréable. Lucie d’Amours, grâce à qui l’idée de ce séjour a pris naissance; Madeleine Arsenault, professeure de chimie et son mari Michel qui, entre autres, nous ont servi de guide; Sylvie, technicienne de laboratoire, qui a si gentiment accepté de préparer les solutions pour le spectacle de chimie; Michel Houle, qui nous a offert le gite, et Honda Lédé Sport, pour la voiture mise à notre disposition. En conclusion, merci à tous ceux qui, au Centre d’études collégiales, dans les magasins et dans la rue, nous ont donné l’occasion de découvrir et d’apprécier les Madelinots.
_______________________________________________________________________________________________________ LES MANCHETTES SCIENTIFIQUES d’Ariel Fenster L’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill présente des capsules sur des sujets défrayant l’actualité scientifique. Plus de renseignements sur ces sujets, ou d’autres d’intérêt général, sont disponibles en communiquant avec Ariel Fenster.
Professeur Ariel Fenster Organisation pour la science et la société de l’Université McGill 514 398-2618





