Histoire de se divertir un peu en ce début d'été, suite à l'un des articles récents de Bruno Dubuc, il m'est venu à l'idée de partager avec vous ces quelques réflexions qu'on peut tirer de l'observation de l'une des lithographies de Maurits Cornelis Escher : "Mains dessinant", réalisée en 1948.
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Comme le rappelle mon confrère blogueur, cette œuvre a inspiré bien des remarques de la part de chercheurs et philosophes. Je ne vais pas insister ici, par exemple, sur l'aspect autoréférentiel (et sur ses paradoxes) auquel renvoient ces deux mains se dessinant l'une l'autre. Je vais plutôt m'attarder sur la "filière dimensionnelle". À commencer par la dimension du temps.
Rupture du temps linéaire
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Chaque main se créer l'une l'autre en se dessinant. Ici l'artiste a illustré la causalité circulaire : le temps linéaire n'existe pas, il est cyclique. On pourrait par contre tout aussi bien avancer, en guise de réflexion complémentaire, que le temps linéaire de l'artiste a créé ici une boucle temporelle via cette boucle causale.
L'espace et ses dimensions
Ce qui m'avait frappé le plus en regardant la première fois les "Mains dessinant" d'Escher, c'est la façon dont il avait imaginé et réussi à illustrer des membres qui sont d'abord figurés en deux dimensions avec les manches pour devenir des mains en trois dimensions et il a réussi ce tour de force en donnant l'impression que ce passage, de la deuxième à la troisième dimension, se fait de façon continue. Par le fait même, l'artiste néerlandais nous amène à reconsidérer l'idée de continuum dimensionnel et va jusqu'à nous inviter à imaginer que la dimensionnalité de l'espace pourrait évoluer partant de la deuxième dimension pour se métamorphoser avec l'acquisition d'une dimension spatiale supplémentaire.
Comme si ce n'était pas assez, cette œuvre de 1948 a encore à nous dire autre chose à propos des dimensions spatiales. Il s'avère que chaque main en trois dimensions nous fait voir qu'elle dessine en deux dimensions. Autrement dit, on peut interpréter ici cette représentation comme le fait qu'un espace 2D peut être issu d'un espace 3D. Ce qui peut conduire ici au moins à deux interprétations. D'une part, à travers cette causalité cyclique, Escher illustre un passage abrupt de la troisième dimension spatiale à la deuxième, ce qui nous ouvre toutes grandes les portes à l'idée de saut dimensionnel. Mais, de façon qui colle encore plus près à cette illustration, il suggère qu'un espace bidimensionnel peut être créé par la main humaine. Ce qui n'était qu'une fantasmagorie, il n'y a pas si longtemps dans l'histoire de l'humanité, s'est réalisé d'une certaine façon. Je reviendrai dans un prochain article avec des exemples concrets.





