Communication scientifique, journalisme, blogueurs, Science 2.0... Ça continue de bouger, provoquant parfois sourires, parfois grincements de dents.

1. Un moustachu, une guitare et Space Oddity

Bon, d’accord, c’était superficiel. Mais c’était quand, la dernière fois qu’un astronaute avait été vu 10 millions de fois sur YouTube? Avec sa chanson —et l’habileté du montage— le Canadien Chris Hadfield a mis la station spatiale en orbite. Vraiment.

2. Peut-on parler de science sur Internet?

En fermant sa zone de commentaires, le magazine de vulgarisation Popular Science ne se doutait pas qu’il déclencherait une discussion... jusqu’aux revues savantes. Les trolls sont-ils un mal nécessaire à l’heure d’Internet? Même si la conversation 2.0 n’est pas encore la matière forte des scientifiques, pour l’instant, peu de médias, qu’ils soient «grand public» ou «spécialisés» semblent prêts à emboîter le pas à Popular Science. Au contraire, comme le démontre l’item suivant...

3. PubMed: quand la recherche s’ouvre aux commentaires

L’ouverture de la plus importante base de données d’articles scientifiques du monde a été une sorte de réplique à Popular Science. Si même un outil aussi conservateur juge que l’heure est venue de converser autrement que par le courrier des lecteurs, c’est qu’on est entré au 21e siècle.

4. État-surveillance sur Internet

L’histoire de l’année, toutes actualités confondues, c’est cette suite de révélations sur l’espionnage électronique à (très) grande échelle pratiquée par la NSA (National Security Agency) des États-Unis. On ne pourrait pas être davantage dans la Science 2.0: parce que cet espionnage, c’est celui que rendent possibles les technologies que nous avons adoptées avec enthousiasme pour converser, échanger, partager, en oubliant un peu trop vite que ceux qu ont la capacité d’écouter auront eux aussi besoin d’être encadrés. C'est aussi de la Science 2.0 parce que les révélations sont elles aussi l’oeuvre de ces technologies: le lanceur d’alerte Edward Snowden est un pur produit de la génération Internet, tout comme l’un des journalistes, Glen Greenwald, à la fois blogueur et journaliste, subjectif et fier de l’être.

5. Soutenez vos journalistes scientifiques

Sans eux, pas de révélations qui tiennent. Or, si même le New York Times ferme coup sur coup sa rubrique environnement et son blogue environnement, c’est que ça va mal. En dépit de l'enthousiasme face aux expériences 2.0, elles ne sont pas encore rentables. Le fait qu’un des plus importants journaux du monde se questionne lui aussi, incite à la prudence. Certes, le journalisme environnemental est une création récente: rejeton du journalisme scientifique, il n’a émergé que dans les années 1990. Mais son déclin ne signifie pas pour autant que la place soit récupérée par le journalisme scientifique.