J’aime les balançoires. Et je les fréquente à nouveau depuis que je suis maman. J’étais un cobaye tout désigné pour tester la nouvelle installation artistique du Quartier des spectacles de Montréal, le projet 21 balançoires .

Sur l’îlot piétonnier coincé entre deux voies de circulation automobile, sept trios de balançoires colorées proposent aux citadins de créer une œuvre musicale éphémère au rythme de leur balançoire. Chacun peut se balancer seul, en duo ou en trio, selon ses désirs.

Seule la collaboration engendrera une pièce musicale harmonieuse. « C’est une expérience collective où chacun doit développer une conscience plus grande, sortir de sa bulle », explique Melissa Mougiat, artiste-designer et cocréatrice du projet avec Mouna Andraes de Participation Design Technology.

Participation Design Technology a remporté en novembre dernier le Phyllis Lambert Design Award. Ce prix, attribué par la ville de Montréal, récompense un designer local pour la qualité exceptionnelle de ses travaux et son intérêt marqué pour la ville.

Après Bloc Jam et le Musée des possibles , les designers ont dressé au nord de la Place des Arts un instrument participatif, à la fois ludique et technologique. Les capteurs, placés dans la base du siège, communiquent à l’ordinateur les informations sur le balancement.

L’angle de rotation sera traduit en musique émise par le système de son. Six notes de trois instruments – piano, guitare, vibraphone — s’envolent selon les mouvements. Plus la balançoire va haut, plus la note sera aigüe!

L’heure des récompenses

Moins de cinq minutes après m’être assise sur la balançoire verte (piano), j’ai gagné deux compagnes de jeu. Mes sourires et mes encouragements n’ont pourtant pas permis de grandes variations musicales.

Pour parvenir à une certaine harmonie musicale entre les utilisateurs des balançoires, il faut collaborer. « Les gestes concrets de collaboration – tel que synchroniser son mouvement avec le voisin – sont récompensés par des mélodies originales. Et il y a des pièces musicales surprises lorsque toutes les balançoires sont synchronisées », explique la designer.

Ces récompenses musicales visent à augmenter la collaboration des usagers. Un comportement que l’on retrouve dans le monde animal. Luc-Alain Giraldeau, spécialiste du comportement animalier de l’UQAM, a travaillé sur l’application de ce concept lors de l’idéation du projet.

Pour jouer, cela prend des récompenses (voir encadré) et des règles claires. « Il faudrait sans doute plus d’explications en partant. Surtout que la balançoire est déjà tellement amusante avec ses sons inusités que c’est déjà une récompense en soi », relève le professeur.