Le gouvernement russe prétend que les Jeux de Sotchi seront carboneutres. Mais les quelques rares chiffres disponibles permettent d’en douter.

Il n’y a même aucune chance, déclare carrément le président de l’Institut Worldwatch, un groupe privé de recherche environnementale. Le scepticisme étant dû principalement aux titanesques travaux de construction inhérents à un parc olympique: il est impossible de calculer la quantité de gaz à effet de serre qui ont été générés par l’érection en quelques années de cette petite ville surgie de nulle part.

Et même la quinzaine de jours de compétitions est problématique. Une série de questions envoyées aux autorités russes par Allen Hershkowitz n’ont pas obtenu réponse. Celui-ci conseille des organismes tels que la Ligue nationale de hockey sur leurs politiques environnementales et ces questions sont par exemple: quelle est votre politique de gestion des déchets? Faites-vous du compostage? Avez-vous un mécanisme de surveillance des fuites de liquides réfrigérants? Utilisez-vous des produits de nettoyage «verts»? Quel carburant utilisez-vous dans vos machines à neige?

Un seul chiffre est facile à calculer: les voyages par avion. La multinationale Dow Chemical, «partenaire carbone de Sotchi», s’est engagée à «rembourser» les émissions de CO2 causées par les déplacements aériens, émissions évaluées par Dow à 160 000 tonnes. Un remboursement qui prendra la forme d’investissements dans le programme de conservation d’un tigre dans l'Extrême-Orient russe, ainsi que dans «des programmes d’économie d’énergie» et de développement d’énergies alternatives, dont la géothermie.

Mais outre que ces engagements doivent s’étaler sur des années, ils ne concernent que le «coût carbone» des voyages aériens, pas celui des constructions, de la nourriture, des déchets, sans parler de la destruction des boisés et des terres humides autour de Sotchi, afin d'y aménager routes, bâtiments et autres constructions olympiques.