Avec les changements climatiques, devrions-nous déménager des espèces pour les sauver? Ou si de tels efforts risquent de faire plus de mal que de bien?

Traditionnellement, les agents de conservation ont créé des enclos ou des réserves pour protéger des animaux ou des végétaux menacés par l’humain, par une maladie ou par la pollution. Avec le réchauffement toutefois, surgit l’idée qu’il faudrait par exemple transplanter des arbres et autres végétaux dans des habitats où ils seront plus à l’aise. Sauf que l’idée suscite la controverse à mesure qu’elle quitte la théorie pour s’approcher de la réalité.

Dans leur guide Climate-Smart Conservation, publié cet été, le biologiste américain Bruce Stein et ses collègues écrivent par exemple que ce n’est pas seulement l’adaptation de tout l’écosystème qui les inquiète — un arbre vit en relation avec les oiseaux, les insectes et toute la flore qui l’entoure —, mais la vitesse du réchauffement : doit-on le transplanter plus au nord, là où règnent des conditions qui étaient les siennes il y a 30 ans, ou plus loin encore au nord, là où règneront les conditions idéales pour lui dans une dizaine d’années? Et en le déplaçant, ne risque-t-on pas d’accélérer le déclin de son écosystème actuel?