Si une des origines de la peur d’Ebola est le film Outbreak, une autre, moins souvent citée, est le livre The Hot Zone. Paru en 1994, censé s’appuyer sur des faits réels, il contient des descriptions horribles de patients qui se décomposent de l’intérieur —des descriptions encore tenues pour acquises aujourd'hui, mais qui, reconnaît l’auteur lui-même, sont très exagérées.

La microbiologiste Tara Smith —qui dit avoir été elle-même poussée à devenir microbiologiste en lisant ce livre à l’adolescence— compare ce livre aux blogues de Médecins sans frontières. Même si ceux-ci sont tristes par leurs énumérations de misères humaines et de soins de santé déficients, les patients qu’on y rencontre sont très loin des patients imaginés par l’auteur Richard Preston.

«The Hot Zone, conclut-elle, est malheureusement un de ces livres que vous lisez quand vous êtes jeune et que vous trouvez alors exceptionnel... Mais il continue d’être présenté comme une histoire vraie, spécialement par les légions de lecteurs de Preston qui semblent peupler toutes les zones de commentaires.»