A priori, le titre faisait sourire : deux bulles découvertes au centre de notre galaxie. Mais qui s’étendent tout de même sur 1 400 années-lumière et pourraient être là depuis des millions d’années.

N’espérez pas en voir une photo : il s’agit de bulles qui n’ont pu être découvertes qu’à travers les observations aux rayons X de notre centre galactique. Elles se situent respectivement au-dessus et au-dessous de cette région centrale de notre Voie lactée, à quelque 30 000 années-lumière de nous.

Et si le terme fait penser à des bulles de savon, c’est encore plus trompeur. L’origine est vraisemblablement un événement « à haute énergie » — un euphémisme, considérant que les astrophysiciens spéculent sur une explosion émanant du trou noir qui se cache lui aussi au centre de notre galaxie. Ou sur une émanation des — encore plus grandes — « bulles de Fermi », deux structures géantes — 25 000 années-lumière de large chacune — s’étendant elles aussi de part et d’autre du centre, observées aux rayons gamma en 2010 et dont l’origine est tout aussi mystérieuse.

Une chose semble claire — pour les astrophysiciens, du moins — l’énergie en question, celle qui aurait été nécessaire pour créer ces deux « petites » bulles, serait l’équivalent de l’énergie dépensée par notre Soleil en quelques milliards d’années.

En même temps, ces deux bulles — tout comme, peut-être, les plus grandes bulles de Fermi — s’inscrivent dans un tableau dont les premières esquisses sont apparues en 1984 : cette année-là, les astrophysiciens ont annoncé la détection d’une centaine de longs filaments constitués d’émissions radio à hautes énergies, s’étendant à partir du centre galactique. Filaments, bulles et bulles de Fermi pourraient donc être liés au même phénomène. Du travail en perspective pour l’observatoire auquel on doit la découverte des bubulles, MeerKAT, tout jeune réseau de radiotélescopes situé en Afrique du Sud, et pour cette raison, mieux placé sur notre planète pour observer cette partie du ciel.